Suprême conseil des rites confédérés

Filiation directe : Robert AMBELAIN et Gérard KLOPPEL

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À la Gloire du Sublime Architecte des Mondes
Suprême Conseil des Rites Confédérés
pour la France et ses Dépendances Internationales

Ordre Martiniste Initiatique

oeuvrant au sein de l’Ordre des Rites Unis de Memphis & Misraïm

Filiation directe des Grands Hiérophantes : Robert AMBELAIN et Gérard KLOPPEL, 
succédée par le Souverain Grand Maître  Général et Grand  Hiérophante Mondial  Joseph CASTELLI

RES CREATA EST ALIA FORMA INCREATÆ


* * *

ORDRE MARTINISTE INITIATIQUE
Origine, Principes et Modalités de
la «RECTIFICATION» de 1968
 par Robert AMBELAIN,


«Tenir bon ; c'est la vraie Prière, celle qui maintient toute la place en état!... Purifie toi, demande, reçois, agis, car toute l'Œuvre est en ces quatre temps... » (L.C. de Saint-Martin)

ORDRE MARTINISTE INITIATIQUE
La Filiation de L.C. de Saint Martin

La suite des recherches historiques sur le Martinisme du 18ème siècle, conduit, par la découverte fréquente de faits et de documents nouveaux, à réviser, préciser, compléter, la trame déjà connue par les travaux des spécialistes de cette question. Nous allons résumer nos plus récentes conclusions personnelles.

Martinez de Pasqually n'a reçu de ses Initiateurs rosicruciens que la seule Magie classique, celle transmise par Trithême à Henri Cornélius Agrippa, et par ce dernier à son disciple, Pierre d'Aban.

À cela il faut ajouter un apport de Magie plus particulièrement juive, issue de l'École d'Eléazar de Worms. Il emprunta également quelques éléments complémentaires au célèbre manuscrit dit d'Abramelin le Mage.

Vint ensuite sa note personnelle. Juifs convers, ou issu d'une famille de Juifs convers, il «catholicisa» terriblement le système, soit par prudence, soit par convictions, soit pour complaire à la Maison des Stuards, spirituellement dirigée par la Compagnie de Jésus.

Son père en avait reçu la noblesse et le titre d'écuyer (squire), car la famille de Pasqually ne figure pas dans les armoriaux de France ni d'Espagne, et même pas dans l'enregistrement français de 1696, où sont les blasons des familles bourgeoises, mêlés à ceux de la noblesse.

Aussi bien, l'étude attentive des archives martinésistes les plus authentiques « Manuscrit dit d'Alger», Manuscrit dit « de Grenoble ; correspondances dites» de Lyon»), souligne certains détails qui nous ont amené à décider un remaniement complet, non en ses principes, mais dans l'application de la Théurgie à laquelle il est équitable de conserver cette dernière dénomination.

Des détails puérils, qui, s'ils ne frappaient pas l'homme du 18ème siècle, choquaient celui du 20ème, font suspecter le caractère traditionnel du célèbre «Répertoire des 2400 Noms, Caractères et Hiéroglyphes».

C'est ainsi qu'on y rencontre les idéogrammes de ... la Reine de Saba !

Se manifeste-t-elle, toujours aussi tentatrices, aux Réaux-Croix ?

Certains d'entre eux ont un aspect de famille avec les idéogrammes du Culte Vaudou.

Et l'on sait que Martinez de Pasqually et ses frères (au sens familial du terme), possédaient des domaines et résidèrent à Port-au-Prince et à Léogane.

Le fait avait d'ailleurs été observé par Paul Chacornac. Enfin, les parfums varient avec les grades; et plus l'Affilié monte en leur hiérarchie, plus les éléments hallucinogènes et métagnomigènes apparaissent et augmentent en leurs diverses compositions.

Ainsi l'Affilié peut-il imaginer que ses perceptions (indiscutablement valables au point de vue magique) sont dépendantes et du grade et des pouvoirs qu'il lui a apporté !

Alors que dès le départ, il eut obtenu les mêmes résultats. Par ailleurs, les exigences rituelles quant au lieu de l'expérimentation: salle de 6 mètres sur 4 en moyenne, totalement vide de meubles, avec porte et fenêtres orientées de telle ou telle manière, «faute de quoi vous n'en recevrez point le bénéfice» (sic), tout ceci conduit à conclure que le Martinézisme ancien est impraticable à l'homme de notre époque. Il existe de plus, en certains rituels, un caractère puéril assez désagréable, notamment pour l'ordination des femmes, l'exconjuration du Serpent, etc...). Tout ceci justifie très exactement la remarque de L.C. de Saint Martin à Martinez de Pasqually : «Mais enfin, faut-il tant de choses pour prier Dieu?...».

Remarque on ne peut plus pertinente du sage élève de Martinez de Pasqually.

C'est sur ces conclusions que le moderne «Tribunal Souverain» de l'Ordre des Élus-Cohen, a décidé sa mise en sommeil en Mai 1968. Compte tenu que nous avons personnellement réalisé sa résurgence en 1941, il nous appartenait de poursuivre, sinon d'impossibles applications, du moins de réaliser une adaptation moderne.

Elle constituera la partie opérative du nouvel ORDRE MARTINISTE INITIATIQUE, son «Second Temple».

D'une étude parallèle à la présente, il résulte que la filiation Martiniste et Martinéziste de Papus est sans fondements valables, et sans réalité. On s'y reportera avec fruits.

Mystification d'un jeune étudiant en médecine, soi-disant initié à 17 ans, et qui fonde un «Ordre Initiatique» à 23 ans, sans rien apporter comme document probatoire de cette initiation, et que l'enquête moderne, l'étude de son thème astrologique, de sa physiognomonie, de son écriture, montre comme un très grand manieur d'idées, un vulgarisateur né, mais aussi comme un être dévoré d'ambitions et assoiffé d'autorité.

Ajoutons qu'il attachait peu d'importance à ce que nous estimons par-dessus tout : une filiation spirituelle authentique. Il savait si bien qu'il n'en possédait pas, qu'il lui arriva d'initier par correspondance, lorsque le bénéficiaire était trop éloigné ! Il existe en France les preuves autographes de ces «initiations» sans valeur psychique et spirituelle.

C'est pourquoi, durant huit années, nous avons rassemblé toute la documentation possible sur le Martinisme russe, issu du Prince Alexis Borosowitz Galitzinz, et organisé par Jean- Eugène Schwartz et NICOLAS IVANOVITEN NOVIKOFF, dès le retour du Prince en Russie, soit en 1788. Il avait en effet été initié par Saint Martin lui-même, en Suisse, au cours d'un voyage en Italie, en 1787, (Matter scribit).

Les preuves de cette existence d'un Martinisme en Russie, au 18ème siècle, dès le retour du Prince Galitzine, ont été fournies par Papus en son «Saint-Martin, le Philosophe Inconnu», il atteste avoir vu, au Musée de Moscou, les Cordons et les Bijoux des martinistes russes sur la Grande Catherine; il atteste l'existence de la première Loge à Moscou et donne les noms de ses membres; il rappelle que la Grande Catherine fit composer des comédies contre les martinistes de Russie.

Enfin, elle fit emprisonner Novikoff (et les principaux chefs du Martinisme russe), dans la forteresse de Schlüssbourg, en 1792, année de sa mort. Novikoff demeura en son cachot jusqu'en 1796, époque où l'Empereur Paul le fit libérer.

Tout ceci est connu, réel, et historiquement indiscutable! Le nier serait faire preuve de mauvaise foi et ne mériterait aucune réponse...

Des renseignements recueillis en 1946, à l'issue d'une conférence donnée à la salle de Géographie sur les origines du Martinisme contemporain, en France, par nous-mêmes, auprès du Frère Ivan Lebzine, de ceux recueillis de 1954 à 1955 auprès du Frère Valentin Tomberg, de ceux recueillis de 1960 à 1968 auprès du Frère Nicolas Choumitsky, trois initiés martinistes russes et ukrainien qui ne se connaissaient pas, et qui avaient été initiés en Russie en des villes fort éloignées et de l'unanimité et de Ta concordance parfaite des dits renseignements, il résulte que le Martinisme russe constituait le filtre préparatoire à la Maçonnerie russe,(également du 18ème siècle), à forme templière (stricte Observance).

Elle-même servait de filtre préparatoire à la Rose-Croix russe, dont Novikoff fut le Grand Maitre.

Le Martinisme enseignait la doctrine du «Philosophe Inconnu», en tant que métaphysique, philosophie, mystique. La Maçonnerie Templière enseignait toutes les branches de l'Occultisme, et cet enseignement (purement didactique et théorique), était ensuite mis en pratique dans la Rose-Croix Russe.

Mais, dira-t-on, la plaquette à couverture verte publiée en 1946 par nos soins, (Cf.» Le Martinisme contemporain et ses véritables origines», Destins éditeur, Paris 1946), démontre que L.C. de Saint Martin n'a jamais fondé d'organisation, que de son ses disciples, ses «intimes», probablement, (Gence dixit), qui constituèrent un semblant de société.

Et l'Appel à la Vérité» du Chevalier d'Arson, montre qu'en 1818, il s'agissait d'une véritable société secrète. Exact, répondrons-nous. Saint Martin lui-même n'a jamais constitué d'organisation de ce genre, mais en France... Car il demeure historiquement prouvé qu'il initia en 1787 le prince Galitzine, au cours de leur lente traversée de la Suisse, allant en Italie. (Cf. Matter scribit).

Et peu après la constitution, à Lyon, du REGIME ECOSSAIS RECTIFIE en 1778, au plus tard en 1782, date du fameux Convent de Wilhelmsbad il constitua bel et bien une organisation maçonnique, dénommé RITE REFORME, (qu'on appela d'ailleurs «Rite Réformé de Saint Martin», et fut notamment pratiqué à Metz, au chapitre «Saint Théodore»).

Qu'il s'agisse bien du «Philosophe Inconnu» ; de sa doctrine, introduite dans les discours initiatiques des grades, les commentaires acerbes de Ragon, ceux de F. Favre le démontrent sans contestation possible, aucun doute n'est permis à leur lecture ! Cette doctrine était à la fois politique, sociale, et métaphysique; elle dérivait évidemment de celle de sa première école, celle de Bordeaux...

Ce qui empêcha Saint Martin de développer son plan d'une organisation qui lui serait propre, ce fut d'abord, en 1788, sa rencontre à Strasbourg, avec les œuvres de Jacob Behme ; ceci l'incita à différer encore un peu, le temps d'étudier le philosophe allemand. Puis en 1789, éclata la Révolution Française ; il se passionna pour elle, il rédigea sa célèbre».

Lettre sur la Révolution Française», où il la compare à une préfigure du Jugement Dernier. Il alimenta le mouvement révolutionnaire, faisant des dons anonymes à sa «Commune», de près de deux mille livres, au total. Il était assez connu comme bon républicain pour être désigné comme précepteur possible du Dauphin Louis XVIII.

En outre, il monta la garde au Temple, où était enfermée la famille royale. Il était par conséquent «sectionnaire», membre des fameuses «Sections de la Commune de Paris». Or pour y entrer, il ne suffisait pas d'être volontaire, il fallait avoir donné des preuves de son civisme. Ce fut nécessairement son cas. Et ceci nous montre que Saint Martin fut à son époque un homme de gauche, politiquement parlant, si Martinez de Pasqually fut un fidèle des Stuards, et donc à travers la Compagnie de Jésus- de l'Église catholique romaine. En outre, ceci explique le peu de sympathie existant réellement entre Saint Martin et Willermoz.

Le second était un bourgeois conservateur, désireux de se frotter aux grands seigneurs, voire aux souverains. Et le premier était un aristocrate, acquis aux idées nouvelles comme tant de gentilshommes de l'époque. En déclarant combien ses idées et ses goûts l'écartaient de la Maçonnerie de Willermoz, ce n'était pas de la Maçonnerie Universelle qu'il entendait sortir, mais de la Nouvelle Obédience lyonnaise, de laquelle on avait soigneusement retiré toutes les études ésotériques, dans laquelle on ne pouvait aborder ni les sujets politiques, sociologiques, ou religieux, par docilité à l'égard des souverains et du pape, ce qui ne faisait pas l'affaire du «Philosophe Inconnu», justement passionné de ces questions...

Car autrement, s'il s'était agi de la Maçonnerie en général, il n'aurait pas éprouvé le besoin de créer son RITE REFORME, lequel se trouvait être justement l'opposé du RITE RECTIFIE, non seulement par une dénomination parallèle, mais encore par le fait qu'on y abordait aux dires de Ragon et de F. Favre, justement ces sujets mystiques qui étaient soigneusement bannis, par prudence et docilité, de ce même RITE RECTIFIE. Ajoutons que certains grades, lorsque l'on sait lire entre les lignes, éveillent l'écho d'une espérance politique et sociale qui y est soigneusement dissimulée.

Cette sorte de concurrence, cette opposition, cette contradiction tacite, nous la retrouvons dans le grade de «Chevalier de Palestine, indiscutablement créé par Saint Martin pour faire pièce au «Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte» de Willermoz.

Et la subtilité d'esprit de L.C. de Saint Martin se manifeste une fois de plus en cette dénomination! Car qu'est la Palestine, sinon la Cité Sainte de Jérusalem, étendue jusqu'aux limites d'Israël... N'est-ce pas manifester ainsi, de la part du «Philosophe Inconnu», la volonté d'étendre jusqu'aux limites ultimes, au-delà d'un cercle restreint, (les seuls chrétiens), le bénéfice de son enseignement ?

Or, à partir du «Maitre Écossais de Saint André», et en tout l'Ordre Intérieur, le RITE ECOSSAIS RECTIFIE se voulait et se proclamait exclusivement chrétien ! Et si l'on veut bien se souvenir que le mot Palestine, signifie «couvert de cendres», (Cf. Lemaistre de Sacy dixit), et que le Chevalier d'Occident», (mêmes décors que le»Chevalier de Palestine»), a un rituel axé sur les versets de l'Apocalypse annonciateurs de la Fin des Temps, et que Saint Martin compare la Révolution Française à une préfigure du Jugement Dernier, on a là une prise de position très nette.

Notons en passant, que le Chevalier d'Occident est un élu par son sautoir, et un Templier par sa Croix en bijou, car l'ancien bijou d'Ordre était une croix templière d'émail rouge.

Cette opposition manifeste, Saint Martin la poursuivit plus loin encore. Car le Code Rectifié de Lyon 1778, régissant tout le RITE posait en principe qu'aucun Maçon porteur d'un décor des grades dit d'Élus, (cordons de couleur noire), ne pouvait être reçu en «visite» à l'équivalence de grade dans les Tenues du RITE RECTIFIE. Ce qu'on y avait reçu de la STRICTE OBSERVANCE TEMPLIERE, on l'avait rapidement inversé quant aux décors.

A la robe noire des TEUTONNIQUES, d'où elle était issue, le RECTIFIE avait substitué l'aube blanche. Au cordon noir moiré, orlé d'or, frappé en cœur de la croix templière écarlate le C.B.C.S. avait substitué le Cordon blanc orlé d'or, et la croix de mère. A la Cravate noire, portant en pointe l'Aigle Noir des «Chevaliers Kadosh», ou la Croix templière d'émail rouge, le C.B.C.S. substituait la Croix de gueule identique, mais pendue à une Cravate rouge.

Or, dernière opposition clairement manifestée, démontrant bien sa volonté d'établir une rupture totale, sans possibilités de visites réciproques, après le «Chevalier de Palestine», (Cordon aurore orné d'Or, et Sautoir noir), L.C. de Saint Martin couronnait son RITE REFORME par le «Chevalier Kadosh», véritable épouvantail du RITE RECTIFIE.

Ceci se passe de commentaires...

Il n'est pas jusqu'au parallélisme des dates qui ne prouve ce cabrage de Saint Martin devant l'orientation que Willermoz tentait de donner à l'ancienne Maçonnerie initiatique des Hauts Grades de l'époque. Car le Convent Rectifié de Wilhelmsbad est de 1782, et Saint Martin constitue son Rite Réformé cette même année.

Pour toutes ces raisons, en constituant l'ORDRE MARTINISTE INITIATIQUE, nous avons été amené à prendre des décisions qui, pour rigoureuses qu'elles soient, étaient inéluctables, autant par souci de la vérité que par loyauté à l'égard de la mémoire du «Philosophe Inconnu».

Tout d'abord, devant l'inexistence démontrée d'une filiation initiatique venant effectivement de Saint Martin jusqu'à Papus, ou à Augustin Chaboseau, devant les preuves d'une filiation confiée au Prince Galitzine en 1787, nous avons tenu, après trente années de martinisme «officiel», à être réinitié et à recevoir cette filiation venue de Galitzine. Et pour mieux trancher les liens avec un passé ne reposant que sur des affirmations gratuites, que des découvertes ultérieures ont controuvées, nous avons reçu un nouveau «nomen» ésotérique.

Déjà, après la Guerre 1939-1945, bien après avoir été reçu C.B.C.S., les mystères de la destinée et la volonté de ceux qui nous conduisent malgré nous, nous avaient fait recevoir les hauts-grades de la STRICTE OBSERVANCE ; par un dignitaire venu de Copenhague.

Et voici les deux Temples de l'ORDRE MARTINISTE INITIATIQUE.

Pour permettre aux Martinistes Opératifs, de continuer, avec plus de facilités que par le passé, à «opérer» theurgiquement, nous avons constitué un grade, conforme à la tradition russe, dans lequel se retrouveraient les mêmes «opératifs.». Et nous l'avons pris dans le RITE REFORME de Saint Martin.

Désormais comme en Russie au 18ème siècle, la doctrine et les enseignements occultes, seront donnés dans les degrés martinistes classiques.

La pratique et son enseignement seront communiqués dans un degré supérieur, de caractère maçonnique: le «Chevalier de Palestine».

Les anciens décors martinistes seront ainsi conservés et utilisés, puisque le Cordon blanc bordé d'Or pourra être l'ancien Cordon d'Associé, et que le Sautoir noir et sa croix rouge, seront les anciens décors de l'Élu-Cohen (Maître-Élu Cohen).

La qualité maçonnique équivalente sera évidemment exigée pour l'accès au grade de «Chevalier de Palestine».

Voici donc les grades pratiqués dans l'ORDRE MARTINISTE INITIATIQUE :

Premier Temple : 

  • Associé, 
  • Initié,    
  • Supérieur Inconnu, (Doctrinal)
  • Supérieur Inconnu Initiateur.

Second Temple :            

  • Chevalier de Palestine. (Opératif)

La qualité maçonnique sera évidemment exigée pour l'accès à ce second Temple, puisqu'il s'agit d'un grade maçonnique. Si des découvertes ou des mises au point de la technique opérative, toujours possibles, l'exigent, on envisagera la pratique des trois grades pratiqués à l'époque de L.C. de Saint Martin : «Prince de Jérusalem» et Chevalier Kadosh», mais pour cela, il sera de la plus grande importance que l'on retrouve les deux manuscrits in-quarto dans lesquels, de sa propre main, le «Philosophe Inconnu» a mis au point les «Instructions» relatives à ces grades, citées par Ragon et F. Favre, et de l'Aulnay.

Le premier Temple travaillera avec les formes rituelles russes, strictement conservées depuis 1800.

Cette nouvelle organisation du Martinisme de Tradition implique des décisions qui, pour être pénibles, ne s'en imposent pas moins.

Si nous proclamons et démontrons que le Martinisme classique n'est pas relié spirituellement et psychiquement au «Philosophe Inconnu», alors nous sommes à même de démontrer que la filiation russe ancienne,(car deux loges furent crées par Papus, à la cour de Russie, reposant sur sa pseudo-filiation), y remonte sans contestation possible, nous devons considérer les Martinistes russes issus de la filiation Papus-Chaboseau, (co-initiés par eux-mêmes), comme des profanes et l'Ordre fondé par Papus, réveillé en 1953 par son fils, le Docteur Philippe Encausse, comme une organisation para-martiniste. Et nous ne pouvons les recevoir en «visiteurs», en dehors des Tenues Blanches.

Une seconde décision, tout aussi fondée, veut que, pour demeurer dans l'esprit et dans les intentions du «Philosophe Inconnu», nous abandonnions le Willermozisme, lequel n'en découle pas. Et ceci implique notre décision de quitter le GRAND PRIEURE MARTINISTE et ses C.B.C.S. Toutefois la règle d'entraide et de soutien entre martinistes de toutes Obédiences demeurera, dans le plan humain et extra- initiatique, scrupuleusement observée.

Et certains Affiliés des Obédiences «apocryphes»,- pour user du glossaire de Martinez de Pasqually- particulièrement qualifiés dans le domaine des hautes- sciences ésotériques ou connus comme n'ayant jamais colporté contre les ELUS-COHEN les sempiternelles calomnies de satanisme et de magie noire des sectateurs du « Maître Philippe», ces Affiliés particulièrement méritants recevront une carte de «Visiteur Honoraire» des loges de l'ORDRE MARTINISTE INITIATIQUE. Toutefois, ils n'assisteront pas aux Cérémonies d'Ouverture et de Fermeture des Travaux, ni à celles d'Initiation, afin de conserver à nos Rituels, à leurs Signes, Mots, etc..., leur caractère secret traditionnel.

Enfin, les divers ORDRES MARTINISTES étrangers désirant opérer leur propre «rectification», (pour user cette fois du langage de Willermoz, en 1778), devront :

1. S'engager aux mêmes mesures de sécurité et de prudence à l'égard des membres de l'ORDRE MARTINISTE dit «de Papus»,

2. envoyer à Paris, au siège de l'ORDRE MARTINISTE INITIATIQUE un de leurs Grands-Officiers, lequel sera réinitié dans la filiation de L.C. de Saint Martin conférée au Prince Galitzine, et sera à même ainsi, à son retour, de régulariser tous les membres de son ORDRE national,

3. s'engager, comme le dit si justement l'ancien rituel martiniste russe et ukrainien, à «conserver scrupuleusement les anciens usages, sans y rien changer». Item, à renoncer à la perpétuation de la filiation «apocryphe».

En retour, les ORDRES MARTINISTES étrangers ainsi «rectifiés», recevront de l'ORDRE MARTINISTE INITIATIQUE :

a) Patente attestant leur «rectification» et les habilitant en leur Nation comme les représentants officiels de la filiation authentique du 18ème siècle, repu tant à Saint.

b) Rituels initiatiques, mémento, catéchismes, Cérémonies d'Initiation,

c) Rituels opératifs modernes, inspirés directement des documents martinésistes du 18ème siècle, déposés aux archives de l'O. M. I., et anciennement dans celles 'des ELUS-COHEN, à la condition ci-dessous :

d) Si le Mandataire envoyé à Paris est titulaire du grade de Chevallier Kadosh, (30ème), il recevra un Bref de «Chevallier de Palestine», et photocopie de la justification initiatique de cette détention lui sera remise pour son ORDRE national, dont il sera ainsi le «rectificateur».

Enfin, il est rappelé que l'ORDRE MARTINISTE INITIATIQUE laisse les ORDRES MARTINISTES nationaux s'administrer eux-mêmes, désigner et nommer leurs Grands-Officiers, etc... en la plus stricte indépendance administrative et financière.

Son seul contrôle ne s'exercera jamais que sur la régularité de la transmission initiatique, sur les mesures de précautions définitives cour empêcher le retour d'un tel galvaudage du véritable Martinisme de tradition, auquel on substitue une «chapelle» dont le «prophète» nie la valeur de la Connaissance, et tout autant, nie la réalité d'une «chute» spirituelle de l'Humanité, axiome de base de toute la Réintégration...

Orient de Paris, ce 30 Juin 1968,
Pour l'ORDRE MARTINISTE INITIATIQUE, 
Le Grand-Maitre : Robert AMBELAIN.

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N.B. Le 29 Octobre 1984 Gérard KLOPPEL succédait à Robert AMBELAIN à la Grande Maitrise de l'Ordre Martiniste Initiatique. Robert AMBELAIN est désormais «Passé Grand Maitre».

Le 01 Juillet 2010, Restauration de l'Ordre Martiniste Initiatique par Sâr Glorifer (Joseph CASTELLI) ainsi que les Organismes Initiatiques et Administratifs composant les structures de l’Ordre :

  • Ordre Intérieur, (Souverain Sanctuaire des Chevaliers de Palestine)
  • Suprême Conseil International,
  • Suprême Conseil National, Collège (Chambre Probatoire, Chambre Philosophique, Chambre Kabbalistique, Chambre Mystique),
  • Cercle d’Étude Martiniste.

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