Suprême conseil des rites confédérés

Filiation directe : Robert AMBELAIN et Gérard KLOPPEL

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À la Gloire du Sublime Architecte des Mondes

Souverain Sanctuaire  International
de Memphis-Misraïm

Conseils Philosophiques et Alchimiques

oeuvrant  du 85ème au 87ème degré au sein du
Souverain Sanctuaire National
de Memphis-Misraïm

de l’Ordre des Rites Unis de Memphis & Misraïm 
et du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm

Filiation directe des Grands Hiérophantes : Robert AMBELAIN et Gérard KLOPPEL, 
succédée par le Souverain Grand Maître  Général et Grand  Hiérophante Mondial  Joseph CASTELLI

RES CREATA EST ALIA FORMA INCREATÆ


Conseils Philosophiques et Alchimiques
de l’Ordre des Rites Unis de Memphis & Misraïm

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Chevalier du Soleil - 85ème degré

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INSTRUCTION PRATIQUE DU 85ème DEGRÉ :

Le 85ème degré fait partie des grades dits « philosophiques et Alchimiques».

Les manuscrits du XVIIIème siècle donnent une documentation très abondante sur ce rituel.

La présente rédaction s'appuie sur des éléments manuscrits de DOM ANTOINE-JOSEPH PERNETY, Religieux Bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur :

Sources traditionnelles : Les formes diverses de rituels du XVIIIème siècle montrent que les bases traditionnelles se réfèrent aux grandes mutations spirituelles du XIIème siècle, à savoir : la redécouverte du christianisme primitif par les Croisés, en Asie mineure ; la redécouverte de la tradition grecque (et surtout d’Aristote) par les contacts avec les   Arabes ; l'angélologie chrétienne, issue de l'angélologie hébraïque, revivifiée par les Juifs d'Espagne et du sud de a France.

Les rituels se bornent souvent à évoquer l'un ou l'autre aspect de cette mutation.

Celui-ci vise à maintenir l'évocation de ces traditions : la traversée des sept sphères évoque les planètes (néo-platonisme), les anges (angélologie chrétienne), les métaux (alchimie), etc.

Régie : Le texte a été aménagé de façon à ce que le récipiendaire, qui ne voit pas le texte mais entend seulement les paroles prononcées, perçoive clairement la portée des démarches qu'il accomplit pendant la traversée des sphères.

La Loge représente l'Eden : Elle n'est éclairée que par une seule lumière, celle du soleil placé au-dessus de la tête du Maître de la Loge, au milieu d'un triangle inscrit dans un cercle ; dans chaque angle du triangle, il y a un S ; ces trois S signifient : «STELLATO, SEDET, SEDE», ou encore «SCIENTIA, SAPIENTIA, SANCTITAS».

Le Soleil représente l'Unité de l'Être Suprême et, comme il n'y a qu'un soleil, il n'y a qu'un Dieu.

Le Maître de la Loge représente Adam, il est appelé « Père des Pères », c’est-à-dire père de tous les hommes sur la terre.

Adam doit avoir un habit rouge et une ceinture de couleur aurore, Adam devrait tenir à la main un sceptre bleu, surmonté d'un globe d'or, afin de montrer qu'il fut le premier Roi du Monde.

Adam porte un globe au bout du sceptre parce qu'il a été constitué Souverain Maitre du Monde créé, et le Père commun de tous les hommes ainsi que le désigne l'étymologie de son nom.

Adam porte au col un Soleil d'or, suspendu à une chaine d'or, à son défaut d'un cordon bleu. Il ne porte point de tablier.

Il n'y a qu'un seul surveillant, placé à l'Occident. On le nomme «La Vérité».

La Vérité tient la main un bâton blanc surmonté d'un œil d'or. Il est en même temps introducteur.

La Vérité est décoré comme ADAM d'un soleil d'or, suspendu de même ; il est nue tète, porte une Robe blanche avec un cordon de couleur dorée « OR ».

En plus du Maître de la Loge, du Surveillant, de l'Orateur, du Secrétaire et du Maître des Cérémonies, il faut sept Archanges on les apelles « Cherubins » pour que la Loge soit parfaite.


Les Cherubins portent une Robe blanche avec un cordon de couleur «bleu ciel ».

Les Cherubins sont tète nue, ils portent aussy en placard, attaché sur le coeur un signe des sept planètes, analogue à leur nom dans l'Ordre qui suit :

  • Zérachiel : (Dieu m’a éclairé) au Soleil,
  • Tsaphiel : (Je contemple Dieu) à la Lune,
  • Ouriel : (Dieu est ma lumière) à Mars,
  • Raphaël : (Dieu a guéri) à Mercure,
  • Gabriel : (Puissance de Dieu) à Jupiter,
  • Hamaliel : (Dieu m’a été indulgent) à Vénus,
  • Michaël : (Qui est comme Dieu) à Saturne.

Ces planètes représentent les sept métaux précieux : l'or, l'argent, le fer, le mercure, l'étain, le cuivre, le plomb.

Chaque Cherubins est assis devant une stalle sur laquelle est allumé un globe de sa couleur dans l’Ordre :  Or, Argent, Rouge, Bleu, Pourpre, Vert et Noir, qui porte le signe planétaire de l’astre correspondant. En loge tous les membres se nomment Sylphes, on ne pronce pas Frère ou Sœur.

Les Sylphes portent une Robe blanche avec un cordon de couleur «bleu nuit» le cordon est couleur, blanc moiré, symbolise la Lumière.

Il est porté en sautoir. Le bijou qui y est attaché est un triangle d'or au milieu duquel est un œil.

Le Soleil a, dans la plus haute antiquité, représenté le Dieu des plus anciennes religions, l'iranienne et l'égyptienne. Les trois S inscrits dans les trois angles du triangle signifient «STELLATO SEDET SEDE», c’est-à-dire «Il siège sur un trône étoilé ». Les trois chandeliers représentent les trois degrés du Feu, qui ont donné naissance à la matière primordiale. Les quatre triangles représentent les quatre éléments : l'Air, l'Eau, le Feu et la Terre.

Les sept Planètes portent les sept couleurs qui apparaissent au cours du travail initiatique : Or, Argent, Rouge, Bleu, Pourpre, Vert, Noir. Les sept Archanges (ou Chérubins) représentent les sept métaux essentiels : l'Or, l'Argent, le Fer, le Mercure, l’Étain, le Cuivre, et le Plomb.

La Conception représente la pureté la Nature, afin qu'elle puisse engendrer un nouveau Roi rempli de gloire. Le Saint Esprit représente l'esprit universel, qui donne vie à toutes choses. Le Temple représente notre corps, que nous avons pour devoir de maintenir pur et sans tache.

Le Soleil représente ici l'unité de l'Être Suprême, l'unique et seule matière du Grand Oeuvre Philosophal. Comme il n'existe qu'un seul Soleil pour donner la lumière et pour vivifier la Terre, il n'y a qu'un Dieu unique. 

Les trois lettres S signifient aussi : SCIENTIA, SAPIENTIA, SANCTITAS.

C’est-à-dire : SCIENCE, SAGESSE, SAINTETÉ.

Seule la Science comprise avec Sagesse peut mener l'homme à la Connaissance.

Les trois chandeliers symbolisent les étapes de la vie de l’homme : la jeunesse, l'âge adulte et la vieillesse. Heureux celui qui, au cours de son existence, a suivi sa route éclairé parla Vérité. Les quatre triangles symbolisent aussi les quatre devoirs à respecter, et qui sont les conditions pour connaître une vie harmonieuse : établir la fraternité entre tous les hommes, nos Frères ; douter de tout ce qui ne peut être démontré et qui peut amener à perdre le chemin qui mène à la Vérité ; ne pas faire à autrui ce qu'on ne voudrait pas qu'on nous fît ; faire confiance au Créateur au moment où la vie nous abandonne.

Les sept Planètes représentent aussi les sept passions capitales de l'homme, qui peuvent lui être salutaires s'il les domine, mais qui l'entraîneront à sa perte s'il se laisse dominer par elles. Les sept Archanges (ou Chérubins) symbolisent aussi les sept bienfaits de la Création : la vue, l'ouïe, l'odorat, le goût, le toucher, le sommeil et la santé. Depuis les temps les plus reculés, la Nature a été représentée sous les traits d'une femme ; que celle-ci s'appelle Vierge, Isis, Héra ou Junon, elle symbolise la Mère, la Vie sur terre. Le Saint Esprit habite notre âme. Le Temple représente notre corps, considéré comme achevé, ainsi que le Grand Oeuvre voulu par Dieu.

Sylphes, je vais maintenant vous transmettre les mots, signes et attouchements par lesquels les Chevaliers du soleil se reconnaissent entre eux. La mise à l’Ordre se fait en portant la main droite sur le coeur, le pouce en équerre. Le signe se fait en portant la main droite, l'index pointé vers le ciel pour montrer qu'il n'y a qu'un seul Dieu.

La devise des Chevaliers du Soleil est : « EX TENEBRIS LUX ».

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Suprême Commandeur des Astres - 86ème degré

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DÉCORATION DU TEMPLE : 

La chambre s’appelle Firmament et symbolise l’officine d’un alchimiste. Elle est éclairée par trois feux: un obscur, un blanc, un rouge. Sur le Tableau de la Loge, il y a le Soleil, la Lune et l’Etoile flamboyante au même niveau, les mots Sagesse, Force, Beauté sont écrits sur les trois astres.

TITRES :

Le Président prend le titre de Très Fortuné. Il y a un seul Surveillant appelé Maître Aidant.

TENUE DE TRAVAIL :  Habit sombre. Cravate unie.

Tous les FF\ & SS\ portent un tablier avec la bavette relevée. Gants et masques.

Les Commandeurs des Astres - Sages dla Vérité portent une écharpe verte sur laquelle est brodé un aigle bicéphale moitié blanc et moitié noir.

Le bijou est une médaille représentant le Temple avec écrit F\M\ L\.

Les FF\ & SS\ , sont vêtus d’une robe blanche avec un cordon de couleur dorée « bleu nuit » à la taille, ont un sautoir rouge parsemé d’étoiles d’or portant au bas une Lune d’argent. L’habit porte du côté du cœur un soleil en Saint Esprit.

Le Très Fortuné est vêtu d’une robe blanche avec un cordon de couleur dorée « OR » à la taille, et d’un sautoir rouge parsemé d’étoiles d’or.

Il porte sur le cœur un soleil en Saint Esprit couronné d’un triple triangle dont l’un est noir, l’autre blanc et le troisième rouge et surie tout un globe terrestre en or.

Au dessous une sphère sur laquelle donne les rayons des trois astres et dans laquelle est la pierre brute et le nom d’Hiram. Au dessous est le tombeau d’Hiram et les lettres M B∴.

Mon très cher Frère (ou Sœur), comme déjà vous l’avez compris, le but de notre rite est d’atteindre à la réalisation du Grand Œuvre par les voies des différentes traditions qui ensuite s’identifient sur le plan analogique. Mais principalement par la voie de la tradition occidentale qui se relie principalement à l’alchimie, autrement dit à la tradition hermétique et à la kabbale judéo-chrétienne.

Et pour réaliser le Grand Œuvre, nous étudions toutes les doctrines et nous appliquons les moyens et les exercices que la tradition nous indique comme également ceux que l’entreprise que nous nous sommes engagés à réaliser favorise.

Parmi ces doctrines, comme vous avez eu l’occasion d’y réfléchir et de le comprendre durant la cérémonie de votre initiation, ce qui a une importance particulière pour la précision du temps de l’heure et des autres facteurs non négligeables, c’est l’étude des astres et de leurs influences non seulement sur les hommes mais sur une grande partie des phénomènes que nous observons journellement.

Cette antique science dont on veut qu’elle provienne des anciens sages chaldéens mais qui était bien connue en Égypte, comme le démontre la construction de la Grande Pyramide et son orientation, s’appelle Astrologie.

Vous savez que la lumière et la chaleur et tout simplement la vie vienne du Soleil et de la Lune sur les phases de laquelle se basèrent les calendriers pendant des siècles, qui engendrent les marées et intervient dans la génération en agissant sur les organes féminins dans les périodes de menstruation ; elle a donc une relation avec les naissances ; elle interfère dans le temps atmosphérique et dans les éclipses.

Vous savez aussi que tout le système solaire ; c’est à dire les sept planètes et les autres astres qui lui appartiennent, se soutiennent l’un l’autre dans l’espace par un jeu d’équilibre dont l’harmonie ne peut être altérée sans de très graves bouleversements.

Vous avez du entendre parler de la précession des équinoxes, des sphères célestes et des sphères terrestres, d’écliptique de révolution des astres et de rotation.

J’assemble quelques notions sans ordre ne serait-ce que pour vous rappeler des sujets qu’à l’école vous avez certainement abordé, mais que maintenant, peut- être, vous pouvez avoir oublié. Et bien l’astrologie, science des affaires terrestres s’occupe de tout cela en l’encadrant dans un cadre précis à partir duquel le savant rassemble des données pour établir l’horoscope.

Dans ce bref exposé qui a seulement pour but d’illustrer ce qui est la matière d’étude spécifique de notre grade, je ne m’ étendrai pas en explications techniques qui d’ailleurs ne pourraient être formulées en si peu de mots.

Je vous dirai seulement que l’Astrologie, science qui est entrée dans l’Art Royal, a ses racines dans la plus lointaine Antiquité : de l’astrolâtrie, c’est-à-dire de l’adoration des astres, on tira les premiers éléments de cette doctrine qui devait ensuite faire partie de l’étude des phénomènes cosmiques et qui tracerait les lignes d’une méthode pour prédire les événements de caractère politique et militaire et puis se spécialiserait jusqu’à vouloir être science du destin de tous les hommes.

On peut dire avec certitude qu’arrivée de l’Égypte où elle avait été exclusivement connue de la classe des prêtres, elle fut au service exclusif de l’état en Mésopotamie, de là, l’astrologie passa en Grèce, se vulgarisa, devint une science dont on pouvait faire commerce et donc une science qui n’en avait que le nom.

Ainsi elle connu le même destin que l’Art Royal de l’embaumeur en Égypte qui garantissait le passage du fleuve au pharaon et à ses proches et qui devint le métier duquel le Temple ou vivait les embaumeurs, retirait ses richesses pour eux et la caste   sacerdotale ; car tous pensaient pouvoir passer le fleuve.

De façon analogue quand l’astrologie se vulgarisa tous prétendirent pouvoir connaître leur destin en payant une simple somme d’argent, c’est ainsi que se multiplièrent les astrologues, depuis ceux qui œuvraient pour les riches à ceux à la portée de toutes les bourses alors qu’ il est évident que pour maintenir une science au rang d’Art Royal, c’est à dire sacré, il faut des hommes d’un intellect élevé, initiés qui disposent des moyens de contrôler leurs intuitions et également leurs découvertes et qui gardent le secret. Mais malgré cela elle se divisa en métier pour le peuple et en science pour les puissants.

D’éminents philosophes et savants s’appliquèrent à l’étudier depuis Héraclite et Pythagore, à Philolaos pour à arriver au deuxième siècle avant J.-C. à Hipparque et au deuxième siècle après J.-C. à Claude Ptolémée auteur du Tétrabiblon, le premier traité complet d’Astrologie publié en Occident.

Au Moyen Age les plus grands astrologues furent Albatenius, Averroès et puis Muller, Varese, Cardan et Tycho Brahe.

On soutient que l’astrologie fut la mère de la science exacte qu’est l’astronomie de la même façon qu’on dit que l’alchimie fut la mère de la chimie. Il y a un fond de vérité dans ces affirmations mais il faut préciser qu’Astrologie et Alchimie, reliées entre elles par le fait qu’elles sont toutes les deux un Art Royal, se dirigent vers des buts bien différents de ceux de l’Astronomie et de la Chimie qui tendent seulement à l’étude de phénomènes naturels physiques et de ce fait en opposition à la métaphysique et aux valeurs traditionnelles.

Donc nous, mon très cher Frère (ou Sœur), nous nous appelons Commandeur des Astres, non parce que nous pouvons commander aux Astres, mais parce que c’est à eux que dans l’étude de leur pouvoir, de leur interférence dans les phénomènes terrestres, nous avons assignés un grade, c’est à dire une partie de nos bien ; dans ce cas là il s’agit de biens spirituels ; dans le cadre plus vaste qui vise à atteindre le Grand Œuvre.

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Sublime Maître du Grand Œuvre - 87ème degré

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PREPARATION DU CONSEIL :

Le Cénacle des Sublimes Maîtres du Grand Œuvre est de forme ronde.

Un Autel est préparé au centre du cercle, sur celui-ci on dispose une nappe blanche, avec un seul flambeau. L’encens fume sur l’Autel.

Le cercle est marqué sur le sol, avec une cordelette blanche.

HABILLEMENT :

L’Initiateur Alchimiste du Grand Œuvre porte une Robe blanche avec un cordon de couleur dorée « OR » à la taille, ainsi qu’une cape rouge. Tous les Disciples, portent une Robe blanche avec un cordon de couleur blanche à la taille.

TITRES : 

L’Initiateur Alchimiste du Grand Œuvre prend le titre de Maître, ses assistants sont nommés Disciples. Le Maître doit nommer pour les Travaux un 1er Disciple.

1er ENSEIGNEMENT - FEU SECRET AUX ARCANES ET À L'ELIXIR :

La préparation du double Feu Secret (Il existe aussi un feu triple, issu des trois règnes) est le grand travail préparatoire indispensable que les alchimistes appellent « travail de femme », car il ressemble à un travail de lessive, par analogie avec le travail des raffineurs de salpêtre. Il en est ainsi tout au moins au début, mais par la suite ce travail devient singulièrement compliqué et ne peut être réalisé que si l'on connaît exactement la mesure, le nombre et le poids.

C'est pourquoi les alchimistes parlaient aussi de travail d’Hercule. Ce feu secret, double ou triple, une fois préparé et « rendu spirituel », pour parler la langue hermétique, (Mais il s'agit également d'un procédé chimique) la voie est ouverte aux Arcanes et au lapis. Elle est du moins ouverte au chercheur expérimenté : nous insistons sur ce dernier point.

La préparation des Arcanes est la même que celle du lapis par la voie dite sèche et courte, ou plutôt c'est une des étapes de cette voie, bien que ce soit une étape déjà avancée ; car sans le feu salin double spiritualisé, l'Alkahest, les arcanes ne sont pas davantage réalisables. Le feu salin double ou triple est aussi l'aqua solvens, le Circulé majeur ou mineur de Paracelse selon son degré.

Les métaux, les minéraux, ainsi que les coraux qui entrent dans la préparation des arcanes sont traités par le Feu Salin Secret, et passent finalement avec ce dernier dans la distillation. Il faut également observer qu'on ne doit employer à cet effet que les métaux naturels, c'est-à-dire natifs, ce qui vaut particulièrement pour l'antimoine.

La voie dite humide et longue, passant de la préparation du spiritus vini philosophici à celle du mercure des Sages, puis à l'esprit de vin secret : « Recipe vinum rubeum vel Album », ne vise pas les arcanes.

La pierre, l'élixir, ou la teinture achevée au blanc ou au rouge est cependant le plus grand des arcanes. Comme le dit justement Max Retschlag, c'est un remède qui, par l'énergie latente et concentrée qu'il dégage dans les cellules, agit sur elles comme un remède universel. Cette représentation répond parfaitement à notre connaissance présente de la constitution du corps et de la structure des cellules. Max Retschlag, qui a lui-méme pratiqué l'alchimie, était parvenu à un élixir salin d'un grand pouvoir curatif, sans qu'il eût pour autant possédé la pierre. Dans le chapitre « Essais pratiques et leurs résultats », il écrit :

Des essais poursuivis durant des années, fondés sur d'anciennes oeuvres hermétiques accessibles, ont abouti à un élixir dont l'effet ressemblait à divers égards à celui qui est attribué au Grand Élixir.

Sa préparation exige un travail extrêmement subtil, qui dure plusieurs mois et n'est possible que sur une échelle très réduite. Mais le succès compense largement les efforts, le temps et les frais engagés.

Le carbone et les éléments qui lui sont associés, en particulier l'azote, doivent entrer dans cet élixir sous forme de sels dynamisants. Il ne s'agit cependant pas de sels « biochimiques », ni de sels d'acides organiques, mais bien de combinaisons jusqu'ici inconnues ou négligées. Cet élixir doit être prescrit en doses relativement minimes, plus ou moins fréquentes selon la gravité de la maladie. L'on comprend qu'un tel élixir ait des effets également heureux sur les animaux.

L'action est aussi favorable sur la croissance des plantes, mais il faudrait certainement employer une autre préparation pour obtenir dans le règne minéral un effet comparable aux résultats extraordinaires que les anciens maîtres hermétiques ont obtenu avec leur élixir secret.

Cependant, l'une des difficultés principales réside dans l'appareillage qui fait aujourd'hui défaut : les alchimistes travaillaient dans des conditions tout autres que celles de la chimie moderne, de sorte qu'il faut faire confectionner spécialement les instruments nécessaires, ce qui n'est pas toujours simple, puisque l'industrie chimique n'est pas du tout adaptée à ces exigences. Aussi surprenante que cette affirmation puisse paraître, les alchimistes travaillaient à bien des égards de façon plus exacte, plus précise et plus soignée que les industries chimiques modernes.

La production de l'esprit de vin ou de l'eau distillée dans les alambics en cuivre, le transport des alcools dans des récipients de zinc au lieu de bonbonnes de verre, ou des huiles essentielles dans des récipients de fer blanc, comme cela a lieu souvent aujourd'hui, serait apparu inadmissible à l'alchimiste, car l'alcool ou les huiles essentielles conservent ainsi des traces d'émanations métalliques.

Les distillations ne peuvent être entreprises que dans des vases ou des cornues de verre, de porcelaine ou de cristal de roche ; l'ennui avec ces récipients est qu'ils se fêlent pour la plupart à la première distillation, sous l'effet de la dilatation des corps traités, de sorte que ces récipients ne peuvent être employés qu'une seule fois, même s'ils sont bien cerclés et lutés.

Les alchimistes parcourent un chemin difficile ils doivent tout préparer eux-mêmes, à commencer par le spiritus e vino, distillé à partir du vin liquoreux, jusqu'au salpêtre naturel et au vitriol natif.

On peut avoir ainsi une idée des difficultés accessoires du travail alchimique qui se trouve maintenant privé des méthodes de réalisation adaptées à « l'industrie chimique » des temps passés.

Un auteur a rappelé en passant le souvenir de quelques farfelus et illuminés qu'il a eu l'occasion de rencontrer dans ses pérégrinations dans le labyrinthe alchimique. On se souviendra de l'un d'entre eux qui prétend capter le Mercure directement de l'air, à l'aide de certaines manipulations. Bien que cet homme, dénué de toute connaissance chimique ou autre, poursuive une chimère depuis plus de cinquante ans, il n'est pas sans avoir quelque vague intuition du plus profond secret des Adeptes.

Pourtant, même parmi ceux qui savaient préparer la pierre par la voie sèche ou humide, quelques-uns seulement ont possédé la clé de cet ultime secret.

Les écrits alchimiques n'en traitent que rarement, et toujours en paraboles et en énigmes. On se demande même si tous ceux qui ont écrit par allusions ont réellement parcouru le chemin, ou s'ils n'en parlent que par ouï-dire. Cette dernière hypothèse paraît plus vraisemblable. Il n'en est question, à ma connaissance, ni chez Isaac le Hollandais, ni chez Basile Valentin, ni dans l'Aurea Catena (il s'agit partout de la voie sèche et de la voie humide).

Henri Kunrath semble en avoir eu connaissance, si l'on se réfère à son livre : Magnesia Catholica Philosophorum, ou comment obtenir la Magnésie

catholique cachée de la « Pierre universelle secrète des vrais philosophes » ... Il n'y a qu'à concentrer le feu du monde par des miroirs concaves, dans un globe de verre ; c'est ici l'artifice que tous les Anciens ont caché religieusement, et que le divin Théophraste a découvert. Il se forme dans ce globe une poudre solaire, laquelle s'étant purifiée d'ellemême, du mélange des autres Eléments ; et étant préparée selon l'art, devient en fort peu de temps souverainement propre à exalter le feu qui est en nous.

D'accord avec cette conception, un théosophe de notre temps, Van der Meulen écrit en 1922 : L'éther est mis en mouvement par les rayons du soleil. Celui qui réussirait à concentrer ces rayons par des miroirs ou par des lentilles, serait capable de provoquer certaines ondes dans l'éther (il s'agit du Prana des Hindous et non pas de l'éther hypothétique, d'ailleurs dépassé, de la science). Ainsi, celui qui saura unir la force du feu élémentaire à celle de l'ignis essentialis, verra apparaître, très lentement mais régulièrement, goutte à goutte, un liquide, un remède incomparable contre beaucoup de maladies tuberculose, hydropisie, etc. Mais les allusions et les instructions sont incomplètes au sujet de cette voie antique et plus que secrète.

La « poudre solaire », obtenue à l'aide d'un miroir ardent, que l'on appelle d'une façon significative sal nature, doit être complétée par « l'eau philosophale » que l'on obtient par une méthode analogue et non moins curieuse ; réduite par évaporation, cette eau laisse un sel rouge.

La préparation du Grand Elixir exige l'union de ces deux ingrédients mystérieux. Cette voie, la plus obscure et la plus cachée, n'a rien en commun avec la voie sèche et la voie humide, par l'intermédiaire du feu secret et de l'esprit de vin secret, suivies par la plupart des Adeptes connus. Cette voie doit d'ailleurs être impraticable a priori en Allemagne et dans les pays nordiques, où l'été n'est qu'un hiver peinturluré de vert, pour citer Heinrich Heine, la chaleur et l'intensité des rayons solaires y seraient en effet insuffisantes ; en revanche, l'Italie et les contrées méridionales se prêteraient davantage à cette méthode. On présume qu’elle fut pratiquée par les initiés de l'ancienne Egypte.

La concentration même très prolongée des rayons solaires par un miroir concave n'est d'ailleurs guère suffisante pour obtenir cette pulvis solaris. Tout travail serait voué à l'échec, faute de posséder l'aimant caché, indispensable à cette opération.

L'abbé Monfaucon de Villars disserte dans son livre fameux de ce miroir concave et de la possibilité d'établir des rapports magiques avec les « habitants de l'élément igné » par ce moyen. A ce propos, il n'est pas sans intérêt de citer un passage de l'Opus Magocabbalisticum de Georg von Welling : Force nous est de déclarer que le comte de Gabalis semble être un bien piètre philosophe : il a bien entendu sonner, mais il n'a point saisi l'heure. Sans cela il n'aurait point divagué sur le moyen de concentrer la poudre solaire rouge dans un globe de verre ; il faut bien autre chose, en vérité, pour obtenir ce Soufre mâle rouge des Philosophes. Il parle bien du globe de verre, mais ne dit rien du véhicule magnétique. Tout le procédé parait obscur ainsi que l'aimant nécessaire à sa réalisation. Néanmoins, après s’être familiarisé avec l'univers alchimique, nous sommes forcés d'admettre intuitivement sa possibilité.

Pendant longtemps les anciens alchimistes jugeaient qu'il s'agissait là de symboles particulièrement obscurs, concernant la préparation du spiritus vini rubei vel albi et partant du lion rouge et du lait virginal. Car, même celui qui a des connaissances sur l'Œuvre échoue parfois dans sa tentative de déchiffrer les descriptions allégoriques des Adeptes.

Aujourd'hui cependant, nous ne pouvons plus rejeter l'hypothèse qu'il existe encore une voie plus secrète et différente pour obtenir la pulvis solaris et qu'il est possible de préparer la pierre philosophale à l'aide de cette poudre et de « l'eau philosophale » élaborée par une voie analogue.

Nous croyons avoir atteint dans ce chapitre les limites du licite, et même les avoir dépassées. Le mode de préparation de l'un ou de l'autre magistère ne peut pas être décrit. Mais nous avons indiqué plus clairement et avec moins de réticences que n'importe quel autre auteur alchimique, la direction dans laquelle la réflexion et la recherche doivent s'engager.

La voie qui mène de l'esprit de vin secret au mercure des philosophes, au vin blanc et rouge et, enfin, au lapis, est une voie extrêmement pénible et longue, mais c'est aussi la voie royale et souveraine : la pierre ainsi préparée teint bien davantage que celle qui est obtenue par la voie sèche, dite courte, uniquement à l'aide des sels ignés. La première de ces voies ne peut pas être trouvée ; c'est un don que l'on reçoit. Quant à la deuxième, on peut la découvrir à force de travail et de persévérance inlassable. Cela semble avoir été le cas pour Max Retschlag, mais il n'a pourtant pas trouvé l'Elixir tingeant. Comme il a déjà été dit : Dans le sel, la lumière est retenue magiquement captive. Il s'agit de l'en délivrer, car : « Le sel est une bonne chose », a dit la bouche de Celui qui était la Lumière du monde ».

2ème ENSEIGNEMENT - Le Grand-Œuvre Alchimique :

L’Alchimie Florissante en la vieille Égypte, en la sacerdotale et magique Chaldée, aux siècles très lointains, puis encore enseignée à l’École d’Alexandrie, l’Alchimie fut proscrite avec les Arts Secrets ; elle devint Maudite comme eux et se renferma dès lofs dans le Mystère des fraternités occultes et hermétiques.

Les Gnostiques, les Templiers, les Alchimistes, les Rose + Croix, conservèrent, transmirent l’Alchimie au travers du Moyen-âge, de là Renaissance, enfin des époques modernes. Et aujourd’hui, parallèlement aux autres branches de l’Hermétisme, mieux encore peut-être, l’Alchimie renaît ; d’allure très scientifique, elle conquiert les meilleurs esprits.

Les faits expérimentaux, d’ordre industriel, la confirment. Tiffereau, Strindberg, Emmens Brice, fabriquent de l’or.

La Néo-Alchimie se constitue auprès de la traditionnelle Alchimie, prête à se confondre enfin en elle. Esquissons donc l’ensemble de la Spagyrique ; voyons ce qu’est le Grand-Œuvre, la Pierre Philosophale, posons-en les conclusions pratiques.

Qu’est-ce que l’Alchimie tout d’abord ? L’Alchimie - nous dira Paracelse - est une science qui apprend à changer les métaux d’une espèce en une autre espèce. Et Roger Bacon : L’Alchimie est la science qui enseigne à préparer une certaine Médecine ou Elixir, lequel étant projeté sur les métaux imparfaits, leur communique la perfection dans le moment même de la Projection.

Ces deux définitions sont excellentes, et nous verrons que les travaux modernes confirment le fond même de ces préceptes magistraux.

Au sens le plus bref ut le plus positif, l’Alchimie est bien l’Aride quintessencier les corps, de les transmuter, de les fabriquer par Synthèse.

 L’Hyperchimie doit remplacer la chimie. Mais ces définitions précisent surtout, et uniquement môme, la partie la plus grossière de l’Alchimie. Or, l’Alchimie est plus et mieux que l’Art ou la Science

de fabriquer les métaux précieux. Elle se rattache intimement à l’Hermétisme, aux Sciences occultes dont elle constitue une branche importante. Elle emprunte ses Arcanes à la Kabbale, à la Magie, à l’Astrologie, elle enfante la médecine Spagyrique, car l’Occultisme s’inspire de l’Unité parfaite. Science Intégrale, il aboutit à la seule unité au moyen de la féconde loi de l’Analogie, entre autres.

L’Alchimie, en résumé, prise dans son ensemble si vaste, est une des branches de l’Hermétisme, qui s’attache particulièrement, sur le Flan Physique de la Nature, à l’étude de la Matière, de sa constitution, de sa genèse, de son évolution, et de ses transmutations. Antique Science cultivée par les Mages, elle dévoila le Problème de l’Énergie et de l’Atome, montrant l’identité de la Substance polarisée en Force et Matière qui se résolvent l’une en l’autre par le double courant d’Évolution et d’Involution, Aspir et Expir de l’Univers Vie. A travers les Âges, l’Alchimie demeura plus ou moins obscurée, selon les temps, mais toujours intégrale, poursuivant le même but scientifique : l’Unité absolue de la Matière vivante, démontrée à l’aide de la Synthèse des Corps et des Métaux, lesquels dérivent tous d’un même Atome, sont constitués par les combinaisons diverses des atomes entre eux, ce qui permet d’opérer l’interchangeabilité des molécules, la transmutation des édifices atomiques.

L’Alchimie donnait donc et donne le moyen de fabriquer les corps les plus précieux, et parmi ceux-ci surtout l’Or, dont les hommes n’aperçoivent que l’utilité, mais dont l’Adepte connaît l’Essence, l’influence bénéfique sur l’organisme au point de vue thérapeutique, sur la Science au point de vue synthétique ; L’Or, élément très évolué, le plus haut sur l’échelle métallique, est le chef de file des métaux. Sa fabrication mène en conséquence à la synthèse des métaux qui le précédent.

Actuellement, l’Alchimie, comme nous le verrons plus loin, aboutit aux mêmes effets, mais l’Hermétisme ne prodiguant pas ses enseignements, et les Initiés étant rares, à côté de l’Alchimie traditionnelle, il s’est formé une Alchimie toute         « expérimentale » tâtonnant, cherchant l’obtention de l’Or, de l’Argent par des procédés de laboratoire exotériques. C’est la Néo-Alchimie, dont on verra le définitif triomphe lorsqu’elle aura fusionné avec l’Alchimie traditionnelle, seule dépositaire des formules, des recettes parfaites conduisant au Grand-Œuvre par la Pierre Philosophale.

C’est à cette tache que se consacrent la Société Alchimique de France et la revue : l’Hyperchimie- Rosa Alchemica, organe d’union entre le Passé et l’Avenir.

ALCHIMIE TRADITIONNELLE :

Elle reste le privilège des Adeptes. Il faut avoir découvert l’Absolu, selon la parole des maîtres, pour en posséder la Clef. Savoir - Vouloir - Oser - Se Taire, résument toute Initiation, l’Initiation Magique comme l’Initiation Alchimique.

L’on ne s’étonnera donc point que nous ne donnions ici que les principes généraux servant à comprendre les auteurs anciens, très obscurs en leur symbolisme assez compliqué. Les termes employés sont souvent synonymes et symboliques.

Les Alchimistes basaient leurs connaissances sur le Quaternaire des Éléments et le Ternaire des spécifications actives des corps. Les opérations du Grand-Œuvre en résultaient.

Le Quaternaire comprenait : le Feu – l’Air – l’Eau – la  Terre ; le Ternaire : le Soufre, le Mercure, le Sel. Mais les Alchimistes n’entendaient nullement par-là désigner les éléments ni les corps vulgaires. Par ces termes, ils ne représentaient, en aucun cas, des corps particuliers. Ils considéraient les 4 Éléments comme des états différents, des modalités diverses de la Matière. Et c’est pourquoi ils disaient les 4 éléments constitutifs de toute chose. En effet, les Eléments, issus de la Substance Une, de la Matière Une, dont ils ne symbolisent que des modifications, des formes particulières dues à l’orientation des vortex et des atomes éthériques —les Eléments possèdent les qualités principales dont. Ils sont synonymes. Ainsi l’Eau est synonyme de liquide, la Terre correspond à l’état solide, l’Air à l’élément gazeux, le Feu à un état plus subtil encore, tel que celui de la Matière radiante par exemple. Puisque ces Eléments représentent les étals sous lesquels s’offre à nous la Matière, il était donc logique d’affirmer  et ce l’est encore que les Eléments constituent l’Univers entier.

Pour les Alchimistes, les mots Sec. Humide, Froid, Chaud, signifiaient : matière solide, matière liquide, matière gazeuse et matière volatile. Aux 4 Eléments, on ajoutait souvent un cinquième état, sous le nom de Quintessence.

La Quintessence peut se comparer à l’Ether des physiciens modernes. Les qualités occultes, essentielles lui appartiennent, de même que la chaleur naturelle appartient au Feu, la subtilité à l’Air, etc.

Les Eléments, enseignaient les Alchimistes, se transforment les uns en les autres, agissent les uns sur les autres, le Feu agit sur l’Eau au moyen de l’Air, sur la Terre au moyen de l’Eau ; l’Air est la nourriture du Feu, l’Eau l’aliment de la Terre; de concert ils servent à la formation des mixtes, à la production totale de l’Univers. — Nous vérifions chaque jour ces préceptes : l’Eau se change en vapeur, en Air quand on la chauffe ; les solides se liquéfient sous l’action des liquides dissolvants, et du Feu, etc.

Les Principes seconds : Soufre - Mercure - Sel, forment la Grande Trinité Alchimique.

La Matière se différenciait, pour les Alchimistes, en 2 principes : Soufre et Mercure, dont l’union en diverses proportions, constituait les corps multiples, les innombrables composés chimiques.

Le troisième principe : Sel ou Arsenic, servait de lien entre les deux précédents, de jonction et d’équilibre, de point neutre (composé des deux). Le Soufre, le Mercure et le Sel, considérés en eux-mêmes, ne sont que des abstractions servant à désigner un ensemble de propriétés. Mais, dérivant de

la Matière première, le Soufre, le Mercure, le Sel, envisagés au point de vue pratique, sont en quelque sorte l’incarnation des Éléments ; leur combinaison dans un corps est variable, et l’un des principes prédomine sur l’autre. Ils constituent, a l’état de quasi séparation, la quintessence respective des corps.

Le Soufre symbolise l’ardeur centrale, le principe interne, actif, l’âme lumineuse des choses. Igné, il renferme le Feu qui tend à sortir. Dans un métal, le Soufre représente les propriétés visibles ; la couleur, la combustibilité, la dureté, la propriété d’attaquer les autres métaux.

Le Mercure symbolise, abstraitement si l’on veut, la force vibratoire universelle, le fluide sonique, le principe passif, extrême des choses. Aqueux, il renferme l’Eau et l’Air, qui tendent sans cesse à entrer. Dans un métal, le Mercure représente les propriétés occultes ou latentes : l’éclat, la volatilité, la fusibilité, la malléabilité. Ce mouvement divergent et convergent + et – de Soufre et Mercure, trouve son équilibre dans le principe stable ou sel : Le Sel est donc la condensation du Soufre et du Mercure, l’aspect sensible, fixe, du corps, le réceptacle des énergies, ou substance propre. Pondérable, il correspond à la Terre. Mais chimiquement parlant, est-il possible de rattacher ces termes aux théories actuelles ? Je le crois, car d’après ce que nous avons vu plus haut, le Soufre et le Mercure répondraient fort bien en somme ainsi que l’a énoncé la brochure excellente : L’Idée Alchimique aux radicaux dont nous parle la Chimie. Les radicaux, en effet, ne sont autres que des atomes ou des groupes d’atomes susceptibles de se transporter d’un composé dans un autre, par voie de double décomposition.

Les radicaux simples ou composés sont isolables ; et en vérité pourtant, personne ne les a jamais vus, palpés, au sens propre du mot, parce que ce sont là des réactions chimiques que l’on connaît par les résultats, les combinaisons, produits. Eh bien ! Il en est tout à fait de même pour le Soufre et le Mercure. Ils personnifient parfaitement les radicaux simples ou composés. Et cette analogie nous aide à comprendre la genèse, la constitution des corps et des métaux, formés par l’union, à divers degrés, du Soufre et du Mercure, comme l’enseignaient les Alchimistes.

Les radicaux Soufre, Mercure, en se transportant d’un composé à un autre, apportent l’ensemble nouveau de leurs propriétés, et donnent naissance au corps correspondant à leur radical actif et dominant.

Ces deux Principes : Soufre et Mercure, séparés dans le sein de la Terre, sont attirés sans cesse l’un vers l’autre, et se combinent en diverses proportions pour former métaux et minéraux, sous l’action du feu terrestre. Mais suivant la pureté de la cuisson, son degré, sa durée, et les divers accidents qui en résultent, il se forme des métaux ou des minéraux plus ou moins parfaits.

« La différence seule de cuisson et de digestion du Soufre et du Mercure, produit la variété dans l’espèce métallique », nous apprend Albert le Grand, et voilà condensée, la théorie excellente des Alchimistes, sur la genèse des métaux. Pour résumer la question, nous pouvons définir le Soufre et le Mercure des Alchimistes, les principes essentiels de la Matière première universelle, principes qui forment la base, les radicaux de tous les métaux et minéraux.

LA PIERRE PHILOSOPHALE – LE GRAND-ŒUVRE :

L’Art Spagyrique repose essentiellement sur la fermentation. Ceci signifie, en toute clarté, qu’il faut communiquer la vie aux métaux dans le laboratoire, vie latente en eux, qu’on doit les réveiller, provoquer leur activité par une sorte de résurrection, comme nous voyons que l’opère sans cesse la Nature en son éternel Hylozoïsme.

L’effort capital de l’Alchimie consiste a réduire les matières prochaines en leurs ferments, qui, réunis, constitueront la substance transmutatrice. Tout le Grand-Œuvre réside en la juste préparation des ferments métalliques. Chaque métal possède en lui son propre ferment qu’il faut extraire : l’Or sera le ferment de l’Or, l’Argent le ferment de l’Argent, et ainsi de suite.

La confection de la Pierre s’effectue de cette manière :

De l’Or Solaire (ou Soufre secret) on tire le Soufre.

De l’Argent Lunaire (ou Mercure secret) on tire le Mercure.

Et selon certains Alchimistes, du mercure vulgaire, ou vif-argent, on extrait un sel particulier. Ce sont là des ferments complémentaires, doués d’une activité considérable.

L’Or et l’Argent seuls corps utilisables pour  a Pierre, préparés en vue de l’Œuvre, portent le nom d’Or et d’Argent des Philosophes dans les vieux traités. Le Soleil et la Lune les symbolisent. On les purifiait d’abord, l’Or par la cémentation ou l’antimoine, l’Argent par la coupellation, c’est-à-dire le plomb. Le Soufre tiré de l’Or et le Mercure de l’Argent, constituent la matière prochaine dela Pierre, ce sont là les ferments, les radicaux de l’Or et de l’Argent, conjoints en Sel. Mais comment extraire le Soufre et le Mercure de l’Or et de l’Argent des Philosophes ? Nous touchons ici au Grand Arcane de l’Alchimie et de l’Hermétisme. On ne trouvera jamais aucune explication formelle de ce problème, dans un aucun ouvrage, car ce secret ne saurait être communiqué aux profanes.

Les Alchimistes enveloppent d’un symbolisme obscur, pour les non-initiés, ce chapitre mystérieux de la Science. C’est au moyen du Dissolvant, du Menstrue, de l’Azoth extrait de la Magnésie que l’on tire le Soufre et le Mercure de l’Or et de l’Argent. Qu’est-ce donc que l’Azoth ? Quelle est cette Magnésie étrange, d’où provient l’Azoth ? Laissons seulement pressentir qu’il s’agit de la Lumière Astrale que l’Adepte doit savoir manier et attirer. On l’excite par un feu céleste, volatil, modification du fluide astral, et qui s’attire lui-même par la distillation hermétique d’une Terre nommée Magnésie, considérée comme mère de la Pierre.

De cette Magnésie, minière universelle, on tire le Soufre et le Mercure suprêmes, initiaux, lesquels corporéifiés, conjoints en un Sel, constituent l’Azoth ou Mercure des Philosophes. C’est ce dissolvant énergique, vivant pour ainsi dire, doué d’une puissance électromagnétique selon Stanislas de Guaïta, que l’on fait agir sur l’Or et l’Argent, afin d’en isoler les deux ferments métalliques dont nous avons parlé.

Pour manier les forces de la Nature, l’Ascèse personnelle s’impose. Il me semble donc inutile d’insister sur la nécessité d’une initiation hermétique sans laquelle nul ne saurait pratiquer l’Alchimie Magique Traditionnelle. Poursuivons l’examen des opérations alchimiques de la Pierre : on congèle les solutions obtenues en les faisant cristalliser. On décompose par la chaleur les sels obtenus. Enfin après divers traitements indiqués par Albert Poisson dans son superbe  ouvrage : Théories et Symboles des Alchimistes on a le Soufre et le Mercure destinés à la Pierre. Ils forment la matière prochaine de l’Œuvre. On combine ces ferments issus de l’Or, de l’Argent et du Mercure vulgaire. On les enferme en un ballon clos bien luté. On place le matras sur une écuelle pleine de sable ou de cendres, et l’on chauffe au feu de roue, car la cuisson ménagée va donner à la masse la propriété de transmuter les métaux. Les Alchimistes appelaient Athanor le fourneau spécial dans lequel ils mettaient l’écuelle et l’œuf. Le feu se continue sans interruption jusqu’à la fin de l’Œuvre. Dès le début, les corps entrent en réaction ; diverses actions chimiques se produisent : précipitation, sublimation, cristallisation, changements de couleurs.

La matière devient noire (symbolisée par la tête de corbeau) puis blanche (symbolisée par le cygne). A ce degré, elle correspond au Petit-Œuvre ou transmutation du Plomb, du mercure, du cuivre, en argent. Puis les teintes intermédiaires, variées, se montrent : vert, bleu, livide, iris, jaune, orange. Enfin le rouge rubis on parfait qui indique l’heureuse terminaison. En résumé voici la marche générale :

1). La matière étant préparée, c’est-à-dire les ferments étant extraits de l’Or et de l’Argent : Conjonction ou coït : union du Soufre et du Mercure dans l’œuf. On chauffe. Apparition de la couleur noire.

On est arrivé alors au 2ème stade : 

2). La Putréfaction.

3). Vient l’Ablution : la blancheur apparaît.

4). La Pierre se lave de ses impuretés.

5). La Rubification ; couleur rouge.

6). L’Œuvre est parfait.

Fermentation. Son but est d’accroître la puissance de la Pierre, de la parfaire. On brise l’œuf, on recueille la matière rouge, la mêle à de l’Or fondu et à un peu d’Azoth ou Mercure des Philosophes, et l’on chauffe à nouveau. Puis on recommence une ou deux fois encore cette opération. La Pierre augmente de force. Elle transmue 1000 fois son poids de métal au lieu de 5 ou 10 fois. C’est ce que l’on nomme la Multiplication de là Pierre.

Les métaux vils sont changés en Or et Argent. C’est la 6ème opération ou Projection : on prend un métal : mercure, plomb, étain, on le fond, puis dans le creuset où se trouve le métal chauffé, on projette un peu de Pierre Philosophale enveloppée de cire. Après refroidissement, l’on a un lingot d’or, égal en poids au métal employé, ou moindre suivant la qualité de la Pierre.

L’Élixir rouge ou Grand Magistère se présente sous la forme d’une Poudre rouge éclatant et assez lourde. Nous ne saurions mieux définir cette poudre qu’en l’assimilant à un énergique ferment qui provoque la transformation moléculaire des métaux, absolument comme un ferment change le sucre, en acide lactique par exemple. Dès lors pourquoi s’étonner de voir accorder à la. Pierre Philosophale la propriété d’agir à doses infiniment faibles, et les Alchimistes assurer qu’un grain de Pierre peut convertir en or une livre de mercure; le ferment agit aussi sur les matières organiques à doses infinitésimales ; la diastase transforme en sucre 2.000 fois son poids d’amidon. Rien de mystérieux donc dans Je rôle chimique et vital de la Pierre Philosophale !

PROPRIETES DE LA PIERRE PHILOSOPHALE :

Tous les hermétistes sont unanimes quant à ce point ; cet Elixir parfait est une poudre rouge, lourde, transformant les impuretés de la Nature.

« II fait évoluer rapidement, ce que les forces naturelles- mettent de longues années à produire; voilà pourquoi il agit, selon les adeptes, sur les règnes végétal et animal, aussi bien que sur le règne minéral, et peut s’appeler médecine des trois règnes », nous dit le grand et illustre Maître Papus dans son Traité Méthodique de Science Occulte.

La Pierre Philosophale jouit de trois propriétés générales :

Elle réalise la transmutation des métaux vils en métaux nobles, du plomb en argent, du mercure en or, et transforme les unes en les autres les substances métalliques. Elle permet aussi dé produire la formation des pierres précieuses, de leur communiquer un éclat splendide.

Elle guérit rapidement, prise à l’intérieur, sous forme de liquide, toutes les maladies, et prolonge l’existence. C’est l’Or Potable, l’Elixir de Longue Vie, la Panacée Universelle.

Elle agit sur lés Plantes, les fait croître mûrir et fructifier en quelques heures.

Elle constitue le Spiritus mundi et permet à l’Adepte de communiquer avec les êtres extraterrestres, de composer les fameux homuncules de la Palingénésie.

Les Rose + Croix possèdent ce triple privilège de la Pierre Philosophale, et comme tels sont illuminés, thaumaturges et alchimistes. « Ces propriétés de la Pierre, conclurons-nous avec le Dr. Papus, n’en constituent qu’une seule : renforcement de l’activité vitale.

La Pierre Philosophale est donc tout simplement une condensation énergique de la Vie dans une petite quantité de matière, et elle agit comme un ferment sur le corps en présence duquel on la met. Il suffit d’un peu de Pierre Philosophale pour développer la vie contenue dans nue matière quelconque. »

LA NEO-ALCHIMIE :

La Néo-Alchimie se propose de rattacher la Chimie à l’Alchimie, en montrant l’identité du but poursuivi, en ce sens que la Synthèse Universelle et l’Unité de la Matière Première ressortent de l’une comme de l’autre.

La Chimie n’est que la partie grossière et inférieure de l’Alchimie. Elle ne vivra qu’en se reliant à elle, à l’Alchimie qui la mènera vers les Principes.

L’Alchimie et la Chimie ne sont sœurs ennemies que pour les savants officiels. En réalité, elles doivent fusionner, car la Chimie est la fille de l’Alchimie et elle lui emprunte ses meilleures théories !

La Synthèse, raisonnée des corps, des métaux, voilà surtout le lien qui sert de trait d’union entra la Chimie et l’Alchimie ; la Synthèse, voilà le Fait sur lequel repose la Néo-Alchimie, science expérimentale, corroborant de plus en plus chaque jour la doctrine hermétique, aux yeux des modernes avides de réalisations industrielles utilisables.

La Néo-Alchimie ou Mathèse chimique (union des extrêmes : Analyse et Synthèse en une vivante Réalité, que je tends à constituer pour ma part, depuis plusieurs années déjà) s’appuie sur les principes mêmes de la Chimie qu’elle confronte sans cesse avec les doctrines des alchimistes afin de prouver l’identité des deux enseignements au point de vue expérimental et positif. De cette manière, on pourra élucider, grâce à une méthode impartiale et rigoureuse, les problèmes de la Composition de la Matière, de son Unité, des Atomes et des Molécules, de la Genèse et de l’évolution des Corps.

La Néo-Alchimie doit démontrer l’exactitude des opérations du Grand-Œuvre, dans la mesure du possible, la profondeur des Doctrines Alchimiques quant ù. l’étude de la Matière, de son animation et de ses transformations. Et pour cela, elle inspire les travaux chimiques, les théories modernes, les ramène à leur expression dernière qui est bien du domaine de l’Alchimie Traditionnelle. 

La Chimie actuelle, en son ensemble, n’est qu’un balbutiement ; les chimistes ordinaires sont de simples garçons de laboratoire. Jamais ceux-là ne parviendront à découvrir la genèse intégrale des Corps, le maniement de l’Agent Universel, avec l’aide de qui se réalise la Pierre Philosophale.

Et dès lors, tout ce que l’Alchimiste peut tenter, c’est ceci : expliquer aux savants le sens véritable des théories chimiques des expériences, des synthèses, guider dans leurs recherches, leur assurer et leur montrer, grâce aux procédés de la Chimie vulgaire, que l’on peut parvenir à la démonstration des doctrines alchimiques, savoir : l’Unité de la Matière, la Fabrication industrielle des Corps Chimiques, la Synthèse des Métaux.

Mais la confection de l’Or Philosophal, cet Or supérieur à l’or chimico-physique connu, restera toujours une énigme, privilège des seuls Adeptes, fidèles à leur serment de silence !

L’Unité de la Matière est indéniablement prouvée parles phénomènes de l’Isomérie et de l’Allotropie des corps prétendus simples et composés. Il serait hors de propos d’entrer ici en de nombreux détails trop techniques. Contentons-nous donc seulement de faire remarquer que l’Allotropie des corps soi-disant simples démontre que, en réalité, ils sont composés, composés tous d’une même matière, des mêmes atomes diversement groupés, résultant d’une inégale condensation de particules éthériques. Les éléments chimiques sont polymères les uns des antres, à partir du plus léger sans doute :

Hydrogène ou Hélium. De là les composés différents, et de là aussi les faits d’isomérie, d’allotropie, consistant en propriétés chimiques diverses pour deux ou plusieurs éléments identiques par leur composition intrinsèque. L’Ozone, l’Hydrogène, le Chlore, le Soufre, l’Azote, le Phosphore, etc. et parmi les métaux: le Zinc, le Fer, le Nickel, le Cobalt, l’Etain, le Plomb, l’Argent et l’Or, présentent des états moléculaires multiples, différents, allotropiques en un mot. La classique Chimie constate ces exemples mais- s’obstine à n’en point poser la conclusion d’unité et de synthèse.

La Synthèse des Métaux, qui corrobore ces cas précédents, la Synthèse de l’Or, existe pourtant. L’Alchimie pratique apparaît aujourd’hui, l’Alchimie aux industrielles tendances.

On fait de l’Or : M. T. Tiffereau, qui lutte pour sa découverte depuis près de cinquante ans, et qui a consigné ses travaux en un petit volume très curieux : L’Or et  la Transmutation des Métaux, M. Tiffereau a obtenu des lingots d’or en dissolvant de l’argent uni à du cuivre, au sein d’un mélange d’acide nitrique ou d’acides nitrique et sulfurique concentrés, sous l’action de la lumière solaire. D’accord avec les vieux alchimistes, Tiffereau attribue à des ferments spéciaux les changements moléculaires des corps, les transmutations respectives. Réduire un métal en ses éléments, le réunir ensuite au ferment du corps que l’on veut produire, telle est l’idée très rationnelle qui préside aux expériences de M. Tiffereau. Or les composés oxygénés de l’Azote devant, sans aucun doute, jouer un rôle important de fermentation sur les éléments métalliques : Carbone et Hydrogène entre autres, l’acide nitrique constitue l’agent tout indiqué de dissolution, sous l’influence de la chaleur, de l’électricité et de divers adjuvants comme l’acide sulfurique, l’iode, etc.

Le Suédois Auguste Strindberg, à la fois homme de lettres célèbre, et chercheur original, obtint des pellicules d’or en opérant au moyen de sulfate de fer, de chromate de potasse et de chlorhydrate d’ammoniaque. Il donnait ainsi naissance à de l’Or non fixé, non absolument mûri. Et plus récemment l’on se souvient, à la suite des essais de Carey-Lea sur la dissociation de l’argent sous forme d’argent doré, de la découverte faite par Emmens. Il tient son procédé secret, mais il a révélé les principales lignes de sa méthode, dont voici la substance : « Si vous voulez essayer, dit-il, l’effet combiné de la compression et d’une température très basse, vous produirez aisément un peu d’or. Prenez un dollar mexicain (entièrement exempt d’or, sauf des traces peut-être) et mettez-le dans un appareil qui empêche ses particules de se répandre au dehors, lorsqu’il aura été divisé. Alors, soumettez-le à un battage puissant, rapide, continu et dans des conditions frigorifiques telles que des chocs répétés ne puissent produire même une élévation momentanée de température. Faites l’essai d’heure en heure, et à la fin vous trouverez plus que des traces d’or. »

Le Dr. Emmens emploie dans sa fabrique d’or : Argentaurum Laboratory, une machine à grand rendement capable du produire des pressions de 800 tonnes par pouce carré. La série des opérations qu’il fait subir aux dollars mexicains d’argent pour les changer en lingots d’argentaurum, est la suivante :

  • Traitement mécanique.
  • Action d’un fondant et granulation.
  • Traitement mécanique.
  • Traitement par les composés oxygénés de l’azote, c’est-à-dire par l’acide nitrique modifié. (Ce moyen a été préconisé par Tiffereau, il y a 50 ans déjà, comme se plut à le reconnaître Emmens lui-même).
  • Affinage.

L’Argentaurum (Or quelque peu spécial que nous placerions entre l’Argent et l’Or sur le tableau sériel de Mendeleeff, tandis que l’Or de la Pierre Philosophale prendrait place au-dessus de l’Or vulgaire) possède les apparences et les propriétés générales de l’Or. Le Bureau d’essai de la Monnaie de New-York l’achète comme or, en lingots, et le Dr. Emmens ne doit pas faire de mauvaises synthèses, puisqu’il compte arriver à produire 1550 kilos d’argentaurum par mois, ce qui représente un bénéfice de plus de 46 millions par an !

Son compatriote Edward Brice assure fabriquer d’assez grandes quantités de métal précieux et cela semble réel car d’officiels chimistes analysèrent le produit de ses fours spéciaux (temp. de 5000 degrés ?) et en reconnurent la parfaite authenticité, au moyen de la formule de laboratoire que nous allons transcrire. Mais remarquons bien ce titre : formule de laboratoire... Il y en a donc une autre... industrielle : « Prenez 5 parties d’antimoine chimiquement pur ; 10 parties de soufre ; 1 partie de fer ; 4 parties de soude caustique. Mettez dans un creuset de graphite et maintenez au blanc pendant 48 heures.

Prenez la masse qui résulte de la fusion : des scories et un bouton métallique, et pulvérisez le tout. Mêlez cette poudre ainsi que le métal qui y est incorporé, avec les scories pulvérisées. Combinez avec : 1 partie de charbon de bois ; 5 parties de litharge ou oxyde de plomb. Ajoutez 4 parties de soude caustique. Mettez le tout au creuset jusqu’à ce que vous ayez obtenu un bouton métallique : Scorifiez et coupellez la masse métallique. La parcelle qui constituera le résultat final sera de l’Or et de l’Argent. » On voit que ce procédé consiste en la formation, d’abord d’un suinte d’antimoine, puis d’un suinte de fer, enfin d’un sulfite de plomb.

La création de l’Or résulte du mélange. Les faits prouvent donc bien, n’est-ce pas, que l’Or, l’Argent, les Métaux sont des produits de synthèse ?

La Néo-Alchimie, par ses conclusions nettement expérimentales, démontre les doctrines de l’Hermétisme. Elle révèle l’ordre croissant des Éléments, la Loi de l’Evolution minérale, le mécanisme de l’Isomérie et de l’Allotropie, le secret de la genèse et de la composition des Métaux, des prétendus corps simples. Elle aboutit à la création d’une Science rationnelle et Unitaire.

Quant à l’Alchimie Magique, elle s’en vole jusqu’aux sphères de l’Infini, elle boit le Mystère même, le secret de la Vie et de la Quintessence.

Nous comparerions volontiers la Néo-Alchimie à une pyramide dont ta base repose sur la Terre et qui va toucher aux Cieux et l’Alchimie a un faisceau lumineux qui descend du Ciel pour s’épanouir sur la Terre. Réunissons ces deux Savoirs, Ô Adeptes, et nous posséderons l’Intégrale Science :

LA SYNTHESE DE L’ABSOLU ! Il faut, en l’Azoth, énergie subtile, résoudre, dissoudre, régénérer, deux corps conjoints en un seul. (Soufre et Mercure formant le Sel) Ces corps, comme l’Azoth qui en dériva et d’où ils proviennent (le cycle du serpent se mordant la queue) sont répandus dans la Nature.

Une fois conjoints et placés dans le matras, il reste à diriger le Feu terrestre ; le Feu volatil agira par lui-même, au sein de l’Œuf Philosophique. Tout ceci est rigoureusement exact. Je possède la Clef de la Pierre, communiquée par un Adepte.

Avec mon ami Jules Delassus, nous avons réalisé l’Œuvre et bientôt nous convaincrons les savants officiels.

Concentration vitale, ferment métallique, la Poudre de Transmutation constitue, en quelque aorte, une allotropie, une isomérie. Elle agit et transmute en Or les métaux imparfaits, par une énergique fermentation.

J’affirme que tout le secret de la Pierre tient en ces lignes et que nul alchimiste n’a jamais révélé l’Œuvre en moins de phrases et d’une façon aussi complète.

LA VIE DE LA MATIERE :

Il ne peut y avoir de corps simples, car il n’y a pas de créations distinctes. Tout évolue insensiblement, tout vit. Les Éléments chimiques sont les « Espèces minérales » aussi peu fixes que les Espèces animales ou végétales qui en dérivent — et provenant également d’une souche primordiale par transformations.

La Transmutation des Eléments chimiques constitue leur évolution particulière et générique. L’Evolution est un changement « progressif. »

La Sélection Naturelle, l’influence des milieux, la lutte pour l’existence agissent sur les éléments chimiques, sur les corps, les atomes, les molécules, les cellules, sur toute la «Matière vivante». Le transformisme organique, zoologique et végétal admis, il faut d’ailleurs bien découvrir le transformisme minéral.

La loi d’Unité gouverne l’Univers, des Soleils aux Atomes. Le Transformisme chimique repose sur des faits nombreux. Et je prétends les avoir mis en lumière (Voir Comment on devient Alchimiste, partie : Pratique).

Les phénomènes d’allotropie et d’Isomérie qui démontrent irréfutablement l’Unité de la Matière, peuvent s’expliquer au moyen de la Sélection « sexuelle » atomique et moléculaire, car les différences, les divergences, les variations résident dans la même espèce minérale. Elles sont très voisines. Elles indiquent la transition qui doit exister d’un genre chimique à l’autre.

Les changements progressifs des éléments chimiques divers et plus complexes, sont attribuables, eux, sans doute, a la Sélection Naturelle qui conserve les types à caractères le plus avantageux dans la lutte pour l’existence des éléments chimiques.

Exemples de sélection sexuelle : Les Phosphores, Or, Argent, Nickel, Fer, Soufre, Oxygène, Carbone, etc., etc.. Allotropiques varient sous l’influence d’une sorte de sélection « sexuelle » différenciant la même souche.

Exemples de Sélection Naturelle : les séries évolutives, progressives : Chlore, Brome, Iode, Fluor, ou bien : Oxygène, Soufre, Sélénium. Tellure, etc. Azote, Phosphore, Arsenic, Antimoine, se polymérisent et se condensent sériellement sous l’influence de la Sélection Naturelle qui agit sur l’ensemble des types, sur les grandes familles d’éléments, et facilite ainsi l’Évolution générale, par larges étapes. L’Hérédité des Atomes, des Molécules, transmet les propriétés acquises et fixe les chaînons intermédiaires. (Mémoire de la Matière).

En résumé, les corps chimiques les plus élevés descendent des corps chimiques condensés primordiaux, de même que l’Homme et les quadrumanes proviennent des formes animales antécédentes.

L’Or descend de l’Argent, par exemple, comme l’Homme descend du Pithecantropus ! J’ai tenu à fixer en ces quelques lignes la théorie concise de l’Évolution minérale et à renvoyer aux sources mêmes, car si je suis heureux de voir des savants tels que M. Ch. Ed. Guillaume y adhérer aujourd’hui, au nom de la science officielle, je serais désolé que l’on oubliât que cette Doctrine Unitaire sort des fraternités initiatiques, rosicruciennes et alchimiques.

1. La Force devient Matière (Involution) et la Matière devient Force (Evolution), grâce au Mouvement. Ce cycle vient de l’Unité et s’y résorbe - car il s’y meut.

2. Il y en à qui disent que le tancha (mercure sulfuré), par l’absorption des vapeurs du sang vert (principe mille, lumière, chaleur, activité), donne naissance à un minerai, le Kong-che, qui, au bout de 200 ans, devient du cinabre natif. Dès lors la femme est enceinte.

Au bout de 300 ans, ce cinabre se transforme en plomb ; ce plomb, au bout de 200 ans, se transforme en argent, et ensuite, au bout de 200 ans, après avoir subi l’action du K’i (l’esprit vital, astral) du tabo (Grande Concorde ?) devient de l’Or.

Mais, ajoute le commentateur japonais, c’est une opinion erronée.

Le sulfure de plomb donne naissance à l’argent.

Le soufre est l’origine des métaux.

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