Suprême conseil des rites confédérés

Filiation directe : Robert AMBELAIN et Gérard KLOPPEL

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À la Gloire du Sublime Architecte des Mondes
Suprême Conseil des Rites Confédérés
pour la France et ses Dépendances Internationales

Rite de Misraïm

oeuvrant au sein de l’Ordre des Rites Unis de Memphis & Misraïm

Filiation directe des Grands Hiérophantes : Robert AMBELAIN et Gérard KLOPPEL, 
succédée par le Souverain Grand Maître  Général et Grand  Hiérophante Mondial  Joseph CASTELLI

RES CREATA EST ALIA FORMA INCREATÆ


Historique du Rite de Misraïm
au sein de l’Ordre des Rites Unis de Memphis & Misraïm

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HISTORIQUE DU RITE DE MISRAÏM - VENISE 1788

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Au cours de l’année 1782, Marc BEDARRIDE, affirme que son père Gad eut la visite d'un Initié égyptien qui se nommait ANANIAH le Sage, duquel il eut la filiation et les pouvoirs de transmission d'une Tradition maçonnique de provenance égyptienne. Il semble que celui-ci ait bien été un des précurseurs du Rite. Déjà Maçon de haute recherche il fut initié aux Secrets Égyptiens par le Savant Patriarche ANANIAH, Grand Conservateur Égyptien et grand voyageur lors de son passage à Cavaillon en 1782.

Marc BEDARRIDE transmit à ses trois « louveteaux », ses fils Marc, Michel, et Joseph, avec une partie de ses connaissances, le goût de la recherche ésotérique.

Les BEDARRIDE étaient de religion juive. Hors à l’époque, avant la Révolution, et avant qu’elle ne soit rattachée à la France, Cavaillon était l’une des quatre villes du Comtat Venaissin où les Juifs avaient droit de résidence.

Les études de Kabbale étaient donc à l’honneur dans les communautés juives du Comtat et les Rites Maçonniques Hermétistes y étaient florissants, notamment le Rite des Élus Cohen de MARTINEZ de PASQUALLY, auquel me semble avoir été initié Gad BEDARRIDE, le Rite des Illuminés de Dom Antoine Joseph PERNETY et le Rite Ecossais Philosophique.

Alexandre DE CAGLIOSTRO fonda en 1784 le Rite de la Haute Maçonnerie Égyptienne. En cette même année, Alexandre DE CAGLIOSTRO fonde à Lyon « La Sagesse Triomphante », Loge-Mère du « Rite de la Haute Maçonnerie Égyptienne ».  Il en est le « Grand Cophte », successeur supposé du prophète « ELIE » (qui est présenté comme fondateur de la « Vraie Maçonnerie »).  La Loge « La Sagesse Triomphante » comportait douze maîtres, les «apôtres» du Grand Cophte. Le rituel était hermétique et théurgique, répondant à l’ambiance de l’époque, férue d’occultisme.

Au premier Convent du Rite des Philalèthes (Paris 19 février-26 mai 1784). Alexandre DE CAGLIOSTRO, triomphe à Paris avec son Rite Égyptien, qu'il a diffusé en Belgique, aux Pays-Bas, en Pologne, à Strasbourg, à Lyon ; qu'il transportera en Angleterre et en Suisse, après avoir, en résonance de l'affaire du Collier, été jugé, acquitté et expulsé de France.

De 1788 à 1801 naissance à Venise, grâce aux synergies très actives des Loges Maçonniques Égyptiennes, en partie promues par Alexandre DE CAGLIOSTRO et en partie par ANANIAH le Sage et par le rabbin, savant et kabbaliste, ABRAHAM (le Baron TASSONI de Modène), membre de la « Loge Ecossaise Primitive à Venise », (de l'Obédience de la Grande Loge d'Angleterre) fonda à Venise, avec des initiés « Chevaliers d'Orient », « Philosophes Inconnus », et d'autres initiés en Kabbale, « l'Ordre Oriental de Misraïm, dit « Rite Égyptien ».

Alexandre DE CAGLIOSTRO, introduit dans le Rite de Misraïm et donna une patente à ce Rite, il se développa rapidement à Milan, Gênes et Naples, fait apparaître le Rite pour la première fois à Venise en 1788, où un groupe de Maçons Sociniens (secte protestante, antitrinitaire) demanda une patente de constitution à Alexandre DE CAGLIOSTRO, lors de son séjour dans cette cité (On peut donc aisément supposer que le Frère TASSONI, dont je vais parler ensuite, fut le dépositaire de cette Loge Ésotérique Vénitienne).

Toutefois, les Membres de ce groupe ne voulant pas pratiquer la Rituélie magico cabalistique de Alexandre DE CAGLIOSTRO, choisirent de travailler aux premiers Degrés du Rite Templier. Alexandre DE CAGLIOSTRO, leur donna donc seulement la Lumière maçonnique, il tenait les trois premiers Degrés de la Maçonnerie Anglaise, et les degrés supérieurs de la Maçonnerie Allemande, très marquée de la tradition Templière.

Il est souvent dit que le nom de Misraïm est le pluriel d’égyptien. C’est plutôt celui d’Égypte, dans le sens des deux pays, des deux royaumes, symbolisé sur la coiffure de pharaon par le cobra, l’Uræus, pour le Nord royaume rouge de Bouto, et par le vautour pour le Sud royaume blanc d’El Kab).

À l’époque le nom de Misraïm est la seule référence égyptienne de ce Rite, hormis dans les « hauts grades » (comme était l'appellation de l’époque, toute empreinte de militarisme  et comme malheureusement certains nomment encore de nos jours, avec une certaine emphase, ce qui est tout simplement pour ceux qui en ont le désir, le cheminement vers les Degrés de perfectionnement.

Quatre ans après la fondation de l'Ordre Oriental de Misraïm, la R+C Pythagoricienne, dont le siège était toujours en Italie, fit initier ses adeptes, en grand secret, au rite de Misraïm. La R+C Pythagoricienne existe depuis 2000 ans : d'abord en tant que « Fraternité de Pythagore » au temps de la Rome antique, puis en tant qu'École Chrétienne Gnostique jusqu'à sa réforme moderne de Rose+Croix Pythagoricienne.

Dans les années 1797-1798, les FF\ de l'Ordre, et en particulier les FF\ R+C Pythagoricienne, durent fuir à Palerme l'invasion autrichienne. Là, ils réformèrent le Rite de Misraïm, réforme déjà étudiée à Venise, mais qui demeurait toutefois dans un cercle intérieur à l'Ordre du Rite de Misraïm. Cette réforme prit la dénomination officielle de Rite Ancien et Primitif de Memphis (1801).

Le Rite de Misraïm il fut introduit en 1803 par les FF\ Joseph, Marc et Michel BEDARRIDE. Ils créent plusieurs ateliers symboliques et en particulier le Conseil des Chevaliers Grands Kadosch (65ème degré). On peut d'ailleurs penser que les FF\ Joseph, Marc et Michel BEDARRIDE ont délibérément choisi la date de 1803 pour donner à Misraïm une antériorité par rapport au REAA. À cette époque, le Rite recrutait aussi bien des personnalités aristocratiques que des bonapartistes et des républicains, parfois même des révolutionnaires carbonari.

En 1804, le Rite Ancien et Primitif Égyptien de Misraïm commence, depuis Venise, à se diffuser en Lombardie.

C’est en 1805 que plusieurs Frères, n’ayant pu être admis dans la composition du Suprême Conseil Ecossais qui s’était fondé en cette année à Milan, imaginèrent le Régime Misraïmite.

En 1805 le F\ LE CHANGEUR fonde à Milan le Suprême Conseil du Rite de Misraïm ayant juridiction sur les 90 grades.

C’est à partir de 1805 qu’en France et en Italie, on peut attester de l’élaboration des deux premières séries du rite de Misraïm (degrés symboliques 1er au 33ème et philosophiques 34ème au 66ème) par emprunts à divers hauts grades du XVIIIème siècle, probablement pour concurrencer le R\E\A\A\.

Le Frère LECHANGEUR fut chargé d’en recueillir les éléments, de les classer, de les coordonner et de rédiger un projet de Statuts Généraux. Au début, les postulants ne pouvaient arriver qu’au 87ème Degré. Les trois autres degrés qui complétaient le système, étaient réservés à des Supérieurs Inconnus et les noms même de ces degrés étaient cachés aux Frères des degrés inférieurs. C’est avec cette organisation que le Rite de Misraïm se répandit dans le Royaume d’Italie et le Royaume de Naples.

C’est à partir de 1810 que les «CARBONARI» se développent dans toute l’Europe Méridionale et en France. Au départ il s’agissait d’une société politique secrète, formée en Italie, qui avait pour but le triomphe des idées libérales, dans cette société « secrète » se retrouvaient de nombreux étudiants et membres de professions libérales, formant l’élément le plus actif au niveau de l’organisation et de la propagande.

La Charbonnerie, voulait renverser la monarchie, appeler une assemblée constituante, obtenir des garanties de liberté et des élections libres, exiger le vote annuel des contributions, l’indépendance de la justice, et bien sûr, instituer la liberté de la presse et des cultes.

En 1810, des Maçons français s'emparent du Rite de Misraïm, et fixent définitivement la nomenclature, ils le vident de toute référence égyptienne et le judaïsent tellement que J\M\ RAGON - qui y fut - dans son Tuileur le dit « Rite judaïque ».

D'autre part, le Rite de Misraïm va devenir alors un abri pour des républicains, des révolutionnaires et va donner la Maîtrise Maçonnique aux «CARBONARI», qui avec 50 000 hommes d'armes faillirent renverser l'Ancien Régime. À cette époque, la police de l’Empereur était déjà en alerte pour lutter contre les Bons Cousins Charbonniers et autres mouvements révolutionnaires, qui tentaient d’infiltrer les Loges Maçonniques pour y faire pénétrer les idées contestataires et recruter des maçons prêts à participer à un soulèvement républicain.

On y trouve à cette époque des FF\ comme Pierre-Joseph BRIOT, un récent affilié du rite de Misraïm, introduit la Charbonnerie en Italie. Pierre-Joseph BRIOT s'associa étroitement avec les révolutionnaires des Philadelphes, ou bien encore Charles TESTE, Frère cadet du baron François TESTE, lieutenant de Philippe BUONARROTTI, le célèbre révolutionnaire qui utilisa la Charbonnerie pour servir la cause de son socialisme d'État, et qui fut, avec BABEUF le coauteur du Manifeste des Égaux, le premier texte communiste inspiré des Enragés de la Révolution française.

Entre 1810 et 1813, les trois FF\ BEDARRIDE, développent le Rite avec succès, et quasiment sous la protection du Rite Ecossais. En effet, il compte des noms maçonniques illustres à sa tête : le compte MURAIRE, Souverain Grand Commandeur du Rite Ecossais Ancien Accepté, le duc DECAZES, le duc de SAXE-WEIMAR, le duc de LECEISTER, le Lieutenant Général baron TESTE, etc...

Jusqu’à la fin de l’Empire, le Rite de Misraïm va alors s’épanouir dans les loges militaires Franco-Italiennes du Royaume de Naples. Il fut adopté notamment par un Chapitre de Rose+Croix appelé « La Concorde » qui avait son siège dans les Abruzzes.

Au bas d’un diplôme délivré en 1811 par ce Chapitre au Frère B. CLAVEL (il semble qu’il s’agisse du père de l’auteur), commissaire des guerres, figure la signature d’un des chefs actuels du Rite, le Frère Marc BEDARRIDE qui n’avait alors que le 77ème  degré.

En 1812 à Naples, le grand maître napolitain Pierre DE LASSALLE apporte les Arcana Arcanorum dans le « Régime de Naples » du rite de Misraïm. Le Rite de Misraïm reçoit alors sa troisième série (degrés mystiques 67ème au 77ème) puis sa dernière série (78ème au 90ème).

Selon les hypothèses les plus dignes de foi, en 1813, les FF\ Joseph, Marc et Michel BEDARRIDE, JOLY, GABORRIA et GARCIA reçoivent à Naples le pouvoir de diffuser le Rite de Misraïm.

En effet il semble que les FF\ Joseph, Marc et Michel BEDARRIDE ignoraient totalement les Arcana Arcanorum, les poussant ainsi à créer artificiellement les degrés « administratifs » que l'on connaît. Néanmoins un autre frère semble avoir connu une transmission du rite à la même époque dans ses derniers degrés, il s'agit du frère JOLY qui reçut les pouvoirs de Naples en 1813 des frères LASSALE et LECHANGEUR.

Toujours en 1813, la Grande Loge de l’Arc en Ciel, Orient de Paris, professe le Rite de Misraïm, le Grand Maître est l’Ill\ F\ HAYERE avec trois Loges « Arc en Ciel », « Buisson Ardent » et « Pyramides ».

La première Loge française de MISRAÏM, bien attestée, fut fondée en 1814, à Paris par les FF\ BEDARRIDE.

Le 12 février 1814, le comte MURAIRE avec un certain nombre de Grands Dignitaires tous 33ème degré du R\E\A\A\ pour la France, se réunirent chez Marc BEDARRIDE, logé alors à l'Hôtel des Indes, rue du Mail, pour créer le Suprême Grand Conseil Général du 90ème degré du Rite de Misraïm.

Le 9 avril 1815, qu’il fut décidé officiellement qu’à dater de ce jour, le Suprême Grand Conseil Général des Sages, Grands Maîtres « ad-vitam » 90ème degré est établi et constitué à la Vallée de Paris pour régir l’Ordre Maçonnique de Misraïm en France.

Ce n’est qu’en 1815 que les FF\ Joseph, Marc et Michel BEDARRIDE fonderont à Paris la première véritable loge Française de Misraïm « L’Arc en Ciel », selon le régime du milanais Théodoric CERBES (Milan) qui faisait du 87ème au 90ème des degrés administratifs, à la différence du régime de Naples (Arcana Arcanorum).

À Lyon, les anciens adeptes de « La Sagesse Triomphante » qui, sous l’empire, avaient fondé « Saint Napoléon de la Bonne Amitié », se rallient au rite de Misraïm. 

A Paris, Michel BEDARRIDE, assisté de ses frères Marc et Joseph, fonde le Rite de Misraïm sous les auspices de la Loge Mère de l'Arc en Ciel (19 mai) et de la "Puissance suprême du 90ème degré".

Le 20 novembre 1816 le F\ JOLY qui présentera au « Grand Orient de France » les secrets du Régime de Naples ou Arcana Arcanorum dont tout le monde parlera tant et que le rite de « Memphis » ignore totalement puisque celui-ci n'existe pas encore à ce moment.

Dès le départ du rite en France la situation se complique avec l'existence simultanée de deux régimes, l'un est celui inventé par les FF\ Joseph, Marc et Michel BEDARRIDE, l'autre celui apporté par le frère JOLY et dit du régime de Naples ou Arcana Arcanorum, et ce sera RAGON qui en parlera dans son fameux TUILEUR mais malheureusement sans donner de rituels.

Des dissensions éclatent au sein du Rite (le Frère JOLY initié à Misraïm en Italie, revendiquant la Grande Maîtrise du Rite en France, il fut d’ailleurs soutenu par Jean-Marie RAGON). Également certains Frères reprochant aux FF\ Joseph, Marc et Michel BEDARRIDE d’utiliser Misraïm comme étant leur propriété personnelle.

En 1817, le Grand Orient de France, alors monarchiste et catholique devint l'un des plus farouches opposants du Rite de Misraïm, suite à l'affaire des «Quatre Sergents de la Rochelle» et à l'inquiétude suscitée par les «CARBONARI».

Le Maréchal de BURNONVILLE, Grand Maître du Grand Orient fait interdire tout contact de ses Membres, sous peine d’exclusion, avec ceux de Misraïm. Il devint l'espace de rencontre de tous les opposants au régime, ce qui entraîna progressivement son déclin, entre la période 1817/1837 le Rite Misraïm, en passant par phases alternées, qui vont d'une intense activité maçonnique à un moment de profonde stagnation, réussit malgré tout à survivre. C’est aussi dans le contexte du «CARBONARISME» qu’en 1821, Pie VII condamne les sociétés secrètes et que pour la première fois, l’Église de France va relayer les dispositions contre les Francs-Maçons, ce qui va développer un sentiment anticlérical dans les loges, dont le recrutement se fait désormais surtout dans la bourgeoisie libérale.

En 1822, le Rite de Misraïm connaît un grand succès, il groupe des Loges et Conseils dans 24 villes françaises,  22  à Paris dont notre R\L\ Mère Arc en Ciel, 6 à Lyon, 6 à Metz, 5 à Toulouse, 3 à Bordeaux, 1 à Lille, 1 à St-Omer, 1 à Marseille, 1 à Rouen, 1 à Strasbourg, 1 à Clermont-Ferrand, 1 à Nancy, 1 à Besançon, 1 à Montpellier, 1 à Carcassonne, Montauban, 1 à Moissac, 1 à Roanne, 1 à Tarare, 1 à Nantes, 1 à Sedan, 1 à Nîmes, (56 Loges en France) ainsi qu’en Angleterre, Suisse et Belgique (en tout une centaine de loges environs).

Quant à la composition de ces Loges et Conseils le recrutement en est assez composite. On y trouve on l’a vu de hautes personnalités, généralement dignitaires du Rite Ecossais, puis des amateurs de doctrines ésotériques ou de « hauts-grades » attirés par la « hiérarchie » des 90 degrés et par l’origine supposée égyptienne du Rite et enfin des Bonapartistes et des Républicains parfois Carbonari, à la recherche d’une couverture.

En 1822, Pierre-Joseph BRIOT devient directeur de la Cie d’Assurances « Le Phénix ». Il était rapidement devenu un des Grands Maîtres 90ème de Misraïm, mais était également resté un des dirigeant de la «CHARBONNERIE FRANÇAISE». 

La police, qui savait que les Charbonniers étaient prêts à lancer un soulèvement républicain, découvre que les inspecteurs du Phénix sont en fait des agents carbonari qui propagent les idées républicaines sur tout le territoire. Les soulèvements éclatent, mais sont rapidement réprimés.

On s’en doute cela ne plaît pas beaucoup au Grand Orient de France qui tient à contrôler l’ensemble de la Maçonnerie française, qui est hostile au système des « hauts grades » et à la recherche ésotérique et qui ne tient pas à ce que le gouvernement de LOUIS XVIII interdise la Maçonnerie en tant que mouvement politique adversaire de la Monarchie. Et bien qu’il n’ait jamais été prouvé que l’Ordre de Misraïm ait jamais eu une activité politique en tant que tel, le Grand Orient de France obtiendra sa dissolution en tant que mouvement séditieux dangereux pour la sûreté de l’État royaliste.

Ainsi, en 1822 on profita de l'affaire des « Quatre sergents de La Rochelle » et de l'inquiétude suscitée par les «CARBONARI » pour dénoncer aux forces de police l'Ordre de Misraïm comme un repaire de séditieux «anti-monarchiques» et «anti-religieux» prêts pour l’insurrection armée. Un rapport de police précise que le but de ces sectaires était d'établir l'athéisme et une République universelle. On y décrit les FF\ de Misraïm comme les apôtres les plus violents de l'athéisme et de la démagogie, et leurs écrits sont dits les plus audacieux qui soient. Des perquisitions mettent fin à l'activité des Loges du Rite Misraïm qui sont dissoutes sous prétexte de détention de documents anti-religieux.

Après plusieurs dénonciations, et le rapport du policier Simon DUPLAY, classant le Rite parmi les sociétés secrètes constitutives de la Charbonnerie, l’on accuse Rite de Misraïm d’être l’une des principales couvertures utilisées par les «CARBONARI». Le fait qu’il est clairement supposé que chacun des FF\ Joseph, Marc et Michel BEDARRIDE ait été Carbonaro, explique la remarque de Pierre MARIEL, à savoir que : L’extravagance des origines du Rite de Misraïm, en fait la plus troublante énigme de la Maçonnerie française car, comme le suggère Gaston Martin : il est permis de se demander si ce tissu d’absurdités n’était pas une plaisanterie destinée à masquer un but fort différent.

En fait le Rite de Misraïm se recrutait parmi les Maçons les plus en vue, (certainement bonapartiste) à des fins secrètes et politiques. Donc, violemment anticlérical, mais cependant foncièrement déiste et spiritualiste, antiroyaliste et plutôt bonapartiste, la police de la Restauration n’a pas grand mal à obtenir la dissolution du Rite de Misraïm.

L'essor du Rite de Misraïm plein de promesses est ainsi stoppé net. Le Rite Misraïm Clandestin pendant une quinzaine d’années, il est restauré en 1838.

Les réunions du Rite Misraïm en 1830 avec la Révolution de juillet, grâce au réveil officiel de la Loge Mère Arc-en-Ciel. Sous la Terreur Blanche, c'est encore Misraïm qui transmit leur nécessaire Maîtrise aux Carbonari, car il y avait encore à l'époque plus de cinquante Loges violemment anticléricales et antiroyalistes.

Après la Révolution de Juillet et l’avènement de Louis-Philippe, le rite survivra tant bien que mal en France, d’ailleurs concurrencé par les activités de Jacques-Etienne MARCONIS de Nègre qui, après avoir été expulsé à deux reprises par des loges de Misraïm, fondera à Lyon le Rite de Memphis en 1838. 

De même que l’on attribue à l'Ordre Maçonnique en général des origines légendaires, le Rite de Misraïm n’échappe pas à cette règle. Il tient en plus dans la grande famille maçonnique une place particulière due en grande partie à une échelle d’instruction qui comporte 90 degrés.

Le F\ Joseph BEDARRIDE, passe à l’Orient Éternel en 1846, son Frère Michel BEDARRIDE, aura tous les pouvoirs au sein du Rite de Misraïm.

En 1848, le F\ Marc BEDARRIDE, l’un des trois frères propagandistes du Rite de Misraïm en France, va même jusqu’à dire dans son ouvrage « L’Ordre Maçonnique de Misraïm » publié à Paris en 1845 par Bernard et COMP, dans lequel est détaillée toute la généalogie, laquelle, à rebours, remonte jusque à Adam, et que, la Maçonnerie est aussi ancienne que le monde. Ce qui, néanmoins, en réfléchissant bien à notre engagement, est intrinsèquement loin d’être absurde, pour cela, il s’en réfère à l’Ancien Testament.

Selon le F\ Marc BEDARRIDE, c’est Adam lui-même qui aurait créé avec ses enfants la Première Loge de l’humanité ; Seth succéda à son père ; Noé la fit échapper au déluge; Cham l’établit en Égypte, sous le nom de Mitzraïm, c’est à dire des Égyptiens. C’est donc de ce peuple seul que doit venir la tradition secrète de l’ésotérisme.

Et toujours selon Marc BEDARRIDE, et ses frères, le dernier maillon de cette chaîne ininterrompue est leur propre père, Gad BEDARRIDE, maçon initié en 1771 à Avignon, qui aurait reçu en 1782 la visite d’un mystérieux Initiateur égyptien à Cavaillon et dont on ne connaît que le nom mystique : « Le Sage ANANIAH ». Cet envoyé l’ouvrit à la Maçonnerie Egyptienne et lui conféra toute une série de « hauts grades ». Signalons que ceci n’est pas la première allusion historique au passage d’un Supérieur Inconnu de la Maçonnerie Égyptienne.

Le Frère VERNHES dans son plaidoyer pour le Rite de Misraïm, paru en 1822, signalait déjà le passage du missionnaire ANANIAH dans le midi de la France en 1782.

Le Rite de Misraïm, directement gouverné par le F\ Marc BEDARRIDE, après de nombreuses vicissitudes, est définitivement absorbé par le Rite de Memphis.

Le F\ Michel BEDARRIDE en 1856 passe à l’Orient Éternel, lui succéda le Frère HAYERE qui communiqua un nouvel essor au Rite de Misraïm et sut lui rendre un caractère nettement initiatique.

En 1862, le Frère HAYERE, Supérieur Grand Conservateur et Grand Maître du Rite de Misraïm a reçu une demande d’union, celui-ci répond : « Le Rite de Misraïm tient trop à son indépendance, pour reconnaître vos pouvoirs et subir votre domination. Si l’Empereur croit devoir nous supprimer, qu’il le fasse, mais nous ne nous soumettrons jamais. » Bien sur cette parfaite et fière réponse ne facilita pas les rapports avec le Grand Orient de France, et dans l’art de s’en faire un ami, on peut faire mieux ! (Il est à noter que Memphis souscrivit à la demande, et que depuis cette époque les liens se sont maintenus entre les deux Ordres, même si c’est Memphis-Misraïm qui l’a repris à son compte en 1881 avec le Frère Giuseppe GARIBALDI ).

Au sein du Rite de Misraïm, le Frère GIRAULT passe à l’Orient Éternel en 1884, lui succéda le OSSELIN (père). Ce dernier très lié avec le Grand Commandeur du Rite Ecossais Ancien et Accepté Louis PROAL, su faire reconnaître, pratiquement pour la première fois, sur un pied d’égalité le Rite de Misraïm.

Le 04 août 1889 lorsque le Rite de Misraïm célèbre sa fête d’Ordre, c’est en présence des Frères PROAL et OPPORTUN (le bien nommé), membre du Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France.

En cette même année 1889, le Rite de Misraïm compte 3 Loges à Paris, 8 en province, 2 à New-York, 1 à Buenos-Aires et 1 à Alexandrie. Ceci sous la juridiction française, sans compter la juridiction italienne qui était indépendante à cette époque.

En 1890, au sein du Rite de Misraïm un nouveau conflit éclate entre une minorité de Spiritualistes et une majorité de Laïcisants qui conduits par le Grand Secrétaire Henri CHAILLOUX se rallièrent au Grand Orient.

Le F\ CHAILLOUX avait en effet annoncé dans un discours : Si on peut lire dans notre déclaration de principe, imprimée en 1885, la Base fondamentale et immuable, l’existence de l’être suprême, l’immortalité de l’âme et l’amour du prochain ; aujourd’hui on peut lire dans notre Constitution réformée : « Autonomie de la personne humaine, justice et altruisme ». Une telle prise de position à l’encontre totale des Statuts et des Principes du Rite en excluait ipso facto son auteur.

Néanmoins le rite de Misraïm perdura dirigé par le Grand Président OSSELIN et avec une seule Loge, Arc en Ciel (Loge Mère du Rite) et ce jusqu’en début de ce siècle. En étaient membres des ésotéristes de haute valeur, et c’est sous son patronage à cette époque que parut la « Bibliothèque Rosicrucienne » qui rééditait un certain nombre de grands classiques de l’occulte.

Les Constitutions et Règlements Généraux le disent à l'article 13, les Rites confédérés de Memphis et de Misraïm, de par leur fusion en 1899, fusion préparée par le Grand Maître Giuseppe GARIBALDI dès 1881, constituentle Rite de Memphis-Misraïm, au sein de l'Ordre des Rites Unis de Memphis et Misraïm, ainsi que .

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